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Union indépendants-CFDT : "L'aide de 1 500 euros doit être étendue aux free-lances"

ISRH | Organisations professionnelles | publié le : 27.04.2020 | Benjamin d'Alguerre

Stéphane Chevet, président d'Union indépendants.

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Comment est née Union indépendants ? 
Stéphane Chevet :
Union se veut une plateforme de revendication pour les travailleurs indépendants aux professions non réglementées et n’employant pas de salariés. Sa création s’inscrit dans la continuité d’une expérimentation entamée voici trois ans par la Fédération conseil, communication, culture de la CFDT (F3C CFDT) auprès des travailleurs indépendants de l’économie du savoir et dans les orientations du congrès de Rennes de 2018 qui a acté la légitimité de la CFDT à s’engager auprès de cette catégorie de la population active. Les statuts de l’association ont été enregistrés en septembre dernier et son lancement officiel a eu lieu le 24 avril 2020. L’adhésion est ouverte à tous les travailleurs non salariés, non employeurs et non régis par un ordre professionnel, ce qui représente environ 1,8 million de personnes en France, y compris les travailleurs des plateformes. 

Pourquoi ce lancement en pleine crise du Covid-19 ?
S. C. :
Parce que c’est l’occasion ou jamais de construire et de défendre les droits de cette catégorie de travailleurs ! L’activité des chauffeurs VTC, à l’heure du confinement, est en berne. Celle des graphistes free-lance aussi puisqu’aujourd’hui, les entreprises se soucient plus de leur plan de continuité que de communiquer, etc. Nous portons un certain nombre de revendications propres à assurer le redémarrage de l’économie en évitant au mieux la déperdition des compétences, expertises et savoirs nécessaires aux entreprises que les free-lances possèdent. 

Quelles sont vos revendications pour aider les free-lances à traverser la tempête ? 
S. C. :
Le Gouvernement a annoncé un accès rapide et simplifié à une indemnisation de 1 500 euros pour ceux qui ont perdu 50 % de leur chiffre d’affaires entre mars 2019 et mars 2020, mais malheureusement un nombre important d’indépendants ne pourront avoir accès à cette aide. C’est pourquoi nous demandons qu’elle soit étendue à tous les free-lances, quelle que soit leur activité, et pas uniquement ceux dont l’activité a été fermée dans le cadre des mesures sanitaires, sans condition d’emploi de salariés, et que cette indemnité soit calculée sur la moyenne mensuelle des revenus nets fiscaux de l’année 2019, dans la limite des 1 500 euros afin de simplifier les démarches. Nous demandons également la prorogation de cette indemnité au-delà de trois mois après la fin du confinement pour permettre aux indépendants de relancer leur activité dans l’après-crise. Quant à ceux qui devront liquider leur activité dans les trois mois suivant la fin du confinement, nous demandons qu’ils soient éligibles à l’allocation de travailleur indépendant (ATI, 800 euros par mois pendant six mois) et qu’ils soient exemptés de frais de liquidation (qui peuvent monter jusqu’à 3000 euros). Nous revendiquons également le maintien de leur couverture retraite, ainsi que l’octroi de la garantie BPI. Enfin, nous demandons aux donneurs d’ordre de plus de 5 000 salariés qui font appel aux services de ces indépendants de leur régler immédiatement toutes leurs factures du mois de mars afin d’éviter un maximum de casse. 

Propos recueillis par Benjamin d’Alguerre

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre