Pénibilité : la CFDT milite pour le retour des critères exclus en 2017

L’exécutif avait fait retirer la pénibilité du Code du travail, en 2017, en transformant le compte de prévention de la pénibilité (C3P) en compte personnel de prévention  (C2P). Elle a fait son retour dans le débat social à l’occasion des annonces d’Édouard Philippe sur la future réforme des retraites. Dans son explication de texte devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le Premier ministre a ainsi évoqué la prise en compte de cette pénibilité – notamment celle liée au travail de nuit – dans le calcul de l’âge de départ à la retraite, « pour plus de justice sociale ».

Il n’en fallait pas plus pour que la CFDT – tellement mécontente du maintien de l’âge pivot à 64 ans qu’elle a appelé à manifester le 17 décembre – glisse le pied dans la porte. « Concernant la réforme systémique, il y a encore beaucoup d’insuffisances, notamment sur la question de la pénibilité avec la réintégration des quatre critères qui avaient été exclus en 2017 », a indiqué Laurent Berger à la suite du discours d’Édouard Philippe. La CFDT milite en effet pour le retour de l’ensemble des critères d’origine dans le calcul de la pénibilité pour le droit à une retraite anticipée.

Négociée en 2014, sous le mandat de François Hollande, la réforme de la pénibilité comprenait à l’origine dix items constituants. Face aux réticences du patronat, Emmanuel Macron, dès son arrivée à l’Élysée, n’en avait conservé que six : travail de nuit, en équipes successives alternantes, répétitif, en milieu hyperbare, sous températures extrêmes, en milieu bruyant. Postures pénibles, manutention manuelle de charges, vibrations mécaniques et travail au contact d’agents chimiques dangereux avaient été supprimés.