L'Unsa revendique sa représentativité

Sans remettre en cause la loi d'août 2008 qui a révisé les règles de représentativité syndicale en les reliant aux résultats des élections professionnelles, Laurent Lescure, secrétaire général de l'Unsa depuis avril dernier, prône une représentativité "complémentaire". Sur les sujets qui concernent à la fois les salariés du secteur privé et ceux du secteur public, il revendique que des organisations comme la sienne soient représentatives. À l'appui de sa démonstration, un calcul arithmétique: "Si l'on additionne les voix obtenues lors des élections professionnelles dans le secteur privé et celles obtenues lors des élections dans la fonction publique et que l'on divise par le nombre d'électeurs, nous sommes à 7,19 %. En fixant le seuil de représentativité à 7 %, l'Unsa serait la cinquième organisation représentative, derrière la CFTC qui aurait un score de 7,41%." CQFD, alors que le syndicat de Laurent Lescure est à 5,35 %. "Quand nous sommes présents, nous recueillons 22 % des voix en moyenne aux élections. Nous sommes premiers, par exemple, chez SFR et Altice, mais nous ne touchons qu'un salarié sur cinq. Notre objectif est d'être présents auprès d'un salarié sur quatre." Ce qui placerait l'Unsa aux alentours des 6 %. Laurent Lescure voit sa démonstration confortée par le récent rapport de Jean-Paul Delevoye sur la réforme des retraites. "Le chapitre 7, qui concerne la gouvernance du comité de pilotage de la future caisse nationale de retraite universelle, évoque un conseil d'administration composé de treize représentants des employeurs et de treize représentants des assurés, désignés par les organisations syndicales de salariés représentatives au niveau national. Il ajoute:  la représentativité sera regardée à partir d'un seuil de 5 % sur la base d'une audience combinée associant secteur privé et secteur public." Le seuil de 5 % et l'audience combinée proposés par le haut-commissaire conviennent parfaitement au numéro un de l'Unsa qui a exposé ses arguments tant à l'Élysée qu'à Matignon…