Medef: Roux de Bézieux sort du bois

Alors que sa parole se fait rare depuis son élection à la tête du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux est enfin sorti du bois. La veille, le conseil d’orientation des retraites (COR) rendait son rapport prédisant un déficit pour le régime à l’horizon 2025 compris entre 8 et 17 milliards d’euros. Pour résorber le déficit, le COR pose trois scénarios sur la table : une baisse des pensions, une augmentation des cotisations ou le choix d’une mesure d’âge. Cette dernière option est celle que retient le patron des patrons : « Nous avons toujours dit qu’il ne saurait y avoir de réforme des retraites sans instauration d’un âge-pivot », indiquait-il. Comprendre : faire travailler plus longtemps les salariés du privé et les fonctionnaires. Un âge d’équilibre que le rapport Delevoye propose de fixer à 64 ans.

Mais en premier lieu, Geoffroy Roux de Bézieux réclame « une réforme d’équilibre avant une réforme d’équité », jugeant que la première est prioritaire sur la seconde. « On ne peut pas faire une réforme qui se veut la mère de toutes les réformes, une réforme pour 50 ans, en l’asseyant sur un régime qui n’est pas équilibré  ». Le Medef n’était ni demandeur d’une réforme des retraites, ni de l’adoption d’un système à points, « vieille idée de la CFDT », a rappelé son président.

Côté dialogue social, Geoffroy Roux de Bézieux réfute la tenue d’une « grande conférence sociale » sur le pouvoir d’achat que réclament les députés centristes dans une tribune parue dans le Parisien du 17 novembre. Le sujet n’est pas, selon lui, d’actualité « alors que les salaires ont augmenté d’1,8% et que les entreprises ont versé 2,5 milliards à leurs employés au titre de la prime Macron ». En revanche, le conseil exécutif de l’organisation patronale, réuni le 17 novembre, a donné son feu vert pour la mise en place d’une négociation sur la santé au travail à laquelle le Medef invite tous les partenaires sociaux. Celle-ci s’articulerait autour de trois thématiques : qualité de vie au travail, prévention, organisation et gouvernance du système de santé au travail. Une négo, oui, mais avec une ligne rouge radicale : hors de question que le dossier « pénibilité » ne revienne sur la table...

Si la question du bonus-malus sur les contrats courts a refroidi les relations entre le gouvernement et le patronat, Geoffroy Roux de Bézieux indique que le Medef, en tant qu’organisation, n’agira pas en justice pour faire annuler les dispositions prises par l’exécutif, laissant cela aux fédérations qui le souhaitent (sept d’entre elles ont déjà déposé un recours devant le Conseil d’Etat). N’empêche : le patron des patrons rappelle son opposition au principe du bonus-malus, saluant l’amendement porté à l’article 51 du PLF par la députée LREM Marie-Christine Verdier-Jouclas visant à moduler la surtaxe des CDDU.

Enfin, la demande d’Alain Griset (U2P) d’ouvrir une concertation inter-employeurs visant à réformer les règles de la représentativité patronale restera lettre morte. « Pas question de revoir les règles de la représentativité », a lancé Geoffroy Roux de Bézieux. Pour un président qui ne parle pas beaucoup, le large tour d'horizon était large !