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Les ouvriers, principales victimes de la crise

ISRH | Social | publié le : 10.06.2020 | Nathalie Tran

La pandémie a accentué le clivage entre cadres et ouvriers.

Crédit photo Andrii Zastrozhnov/Adobe Stock

À partir de différentes enquêtes menées depuis le confinement, dont celles du Cevipof et de la Dares, l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) apporte un éclairage sur les inégalités de situations des salariés face au travail, révélées par la crise. La pandémie a accentué le clivage entre cadres et ouvriers. Ces derniers ont été nombreux à continuer à travailler hors de leur domicile (35,7 %), soit un peu plus que les professions intermédiaires (32,1 %) et que les employés (26,7 %) et, surtout, bien davantage que les cadres (11,2 %) qui, pour près de 72 % d’entre eux, ont bénéficié du télétravail. Seuls 2,8 % des ouvriers ont pu travailler de leur domicile durant la période de confinement. Le diplôme joue, en effet, un rôle important : la part des salariés travaillant à distance varie de 13 % parmi les salariés ayant un diplôme inférieur au bac à 70,9 % parmi les titulaires d’un bac + 4 ou plus.

« Premiers de corvée », plus particulièrement exposés au virus, les ouvriers ont également été les plus nombreux à se retrouver en chômage partiel. Cela a été le cas pour 35,2 % d’entre eux, contre 18,5 % des employés, 14,9 % des professions intermédiaires et seulement 7,8 % des cadres. Une situation qui a pesé sur leur salaire puisque seuls 52 % des ouvriers ont conservé un niveau de revenu équivalent ou supérieur contre 66 % des employés et 75 % des professions intermédiaires et des cadres.

Enfin, si les licenciements ont été peu nombreux pour l’instant, il est clair que, face à la vague de licenciements qui s’annonce, les ouvriers, les salariés en contrats courts et les moins diplômés sont ceux dont l’emploi et le plus menacé. D’ores et déjà, les annulations d’embauche et les non-renouvellements de CDD, utilisés pour réduire les effectifs en ces temps de crise, touchent davantage les ouvriers et les emplois les moins diplômés que les cadres. Aussi, conclut l’Ires, « la “visibilité” et la reconnaissance bien réelle des salariés des classes populaires risquent de laisser place, dans les mois à venir, à une aggravation des inégalités face à l’emploi dans un contexte de chômage de masse ».

Auteur

  • Nathalie Tran