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Le régime de garantie des salaires tire le signal d’alarme

Relations Sociales | publié le : 14.04.2020 | Benjamin d'Alguerre

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Depuis le 17 mars dernier, 66 entreprises ont vu leur activité torpillée par la crise du Covid-19 et ont été contraintes de recourir à l’AGS, le régime de garantie des salaires, pour être en mesure de payer leurs salariés avant de tirer le rideau. Parmi elles, les chaussures André, le constructeur BTP Hervé SA, le vendeur d’articles de sport ADS INTL, le grossiste en fruits et légumes Canavese…

Situation inédite : plus de la moitié (53 %) des entreprises procédures collectives engagées auprès des tribunaux de commerce depuis le mois de mars concernent des redressements judiciaires, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’an dernier. Et 6 % des entreprises concernées comptent plus de 100 salariés, alors que cette proportion dépassait à peine 1 % en 2019. Du rarement vu. Secteurs les plus impactés : le commerce (23 %), la construction (20 %), l’hébergement et la restauration (9 %), l’industrie (9 %), les services aux entreprises (8 %) et le transport (8 %). Et côté géographique, c’est dans le Sud-Ouest que la plupart des défaillances sont constatées (17 % en Nouvelle-Aquitaine, 12 % en Occitanie).

Le régime a mis la main à la poche depuis le confinement, dépensant 26,4 millions d’euros durant la semaine du 16 au 20 mars, 24,2 millions entre le 23 et le 27 mars, et 30,3 millions du 30 mars au 3 avril. Soit une moyenne de 28,5 millions d’euros. « Le rythme des avances reste soutenu », indique l’opérateur. L’AGS a par ailleurs mis en place dès le début de la crise du Covid-19 une série de mesures (aménagement des délais de paiement, remboursement de la créance « superprivilégiée »…) pour permettre aux entreprises en difficulté d’affronter cette période difficile et de maintenir leur activité. 

Mais l’AGS tire le signal d’alarme sur cette situation périlleuse pour l’équilibre financier du régime, alimenté par la seule solidarité inter-entreprises. « La mobilisation exceptionnelle de l’AGS ne peut s’envisager sans une optimisation préalable des nombreux dispositifs inédits également mis en place par les pouvoirs publics (chômage partiel, prêts garantis par l’Etat…) pour accompagner les entreprises dans cette crise sanitaire et économique. L’intervention de l’AGS ne peut s’entendre qu’à titre subsidiaire », lance Houria Aouimeur-Milano, directrice de la délégation AGS de l’Unédic. Et de rappeler que l’AGS ne saurait être mobilisée qu’en dernier ressort après la batterie de mesures prises par ordonnances par l’exécutif…

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre