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Entreprise & Personnel prône un dialogue social territorial

Entreprise & carrières | Relations Sociales | publié le : 20.11.2019 | Nathalie Tran

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Entreprise & Personnel (E & P) est très dubitatif sur la relance du dialogue social qu’ont voulu impulser les ordonnances de 2017 et estime qu’il faudra encore du temps avant qu’elle ne s’installe réellement. Dans sa note de conjoncture sociale 2019 , le réseau associatif dirigé par Frédéric Guzzi souligne que, « plus qu’à (re)positionner leur dialogue social, les entreprises ont surtout cherché à réussir leur transition vers le nouveau cadre posé par les ordonnances ». Toutefois, s’il y a eu peu d’innovation dans la mise en place des CSE, la négociation d’entreprise a redémarré et la diversité des modes de conclusion des textes s’impose progressivement dans le paysage social, constatent les auteurs. Sur 75 600 accords ou autres textes déposés à la Direccte en 2018, plus d’un sur deux a été signé avec les délégués syndicaux (51,7 %), les textes ratifiés par référendum en représentent près de 20 % et les élus du personnel ont signé 11,7 % des textes. Dans les TPE de moins de onze salariés, 13 200 accords ont été déposés, dont près de 60 % approuvés par consultation directe des salariés.

Néanmoins, selon E & P, une véritable réforme du dialogue social ne pourra fonctionner que si elle prend en compte les évolutions sociales et sociétales profondes qui touchent le monde économique. À savoir : l’évolution du périmètre d’activité de l’entreprise, son rapport au territoire, sa perméabilité aux enjeux sociétaux, la transformation des métiers, mais aussi le fait que les parcours de carrière ne sont plus linéaires, la volonté de chacun d’exercer sa citoyenneté au sein de l’entreprise, la recherche de sens des salariés, leur rapport au travail qui change, la diversification des contrats et le fait de pouvoir passer successivement du statut de salarié à celui d’indépendant, et inversement…

Autant de facteurs qui impliquent de nouvelles formes de régulation sociale et une remise en question des syndicats, jusqu’ici organisés sur la base de l’entreprise de type fordiste. Les auteurs de la note de conjoncture imaginent notamment un dialogue social « polymorphe », « adaptable », qui pourrait ne plus se faire uniquement au niveau de l’entreprise ou au niveau national, mais au niveau local et territorial, et dont les acteurs ou contributeurs seraient de différentes natures : syndicats de plusieurs entreprises (donneurs d’ordres et sous-traitants), collectifs d’indépendants, élus locaux, ONG écologiques ou luttant contre la pauvreté, associations de consommateurs, administration...

Auteur

  • Nathalie Tran