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Une rentrée sociale sous tension

Dialogue social | publié le : 31.08.2021 | Benjamin d'Alguerre et Gilmar Sequeira Martins

L’heure de la rentrée a sonné pour les partenaires sociaux. Du 1er au 3 septembre, organisations syndicales et patronales seront reçues à Matignon par Jean Castex et les ministres Élisabeth Borne (Travail) et Bruno Le Maire (Economie et Finances). Au programme des discussions: la sortie de crise sanitaire, le rebond de l'activité économique, le chômage des jeunes... mais aussi les réformes de l'assurance-chômage et des retraites qu'Emmanuel Macronn a remis à l’agenda lors de son allocution du 12 juillet dernier. 

Sur ces deux derniers sujets, le torchon brûle déjà entre le gouvernement et les syndicats, unanimement opposés à ces réformes. Le 30 septembre, la CGT réunissait dans son fief de Montreuil plusieurs organisations de salariés, d’étudiants et de lycéens (FO, Sud-Solidaires, FSU, FIDL, UNL, MNL et Unef) pour s’accorder sur le principe d’une journée de grève et de manifestation le 5 octobre prochain. 

Invitée à se joindre à l’intersyndicale, la CFDT a, pour sa part, décliné l’invitation. Bien qu'opposée à ces réformes, la Centrale de Belleville attend que l'exécutif dévoile son jeu. « Nous allons d’abord sonder le gouvernement sur ses intentions quant aux  réformes. Décider d’une mobilisation en amont de ses annonces ne nous paraît pas judicieux pour construire un bon rapport de force », confie Marylise Léon, la numéro 2 de l'organisation réformiste. Même son de cloche à la CFTC. Le syndicat chrétien n'exclut cependant pas de se joindre aux manifestants du 5 octobre en fonction de l'évolution de la discussion sur la réforme des retraites, indique son président Cyril Chabanier qui demande que les futurs débats n'excluent pas la question de la pénibilité. 

De son côté, la CFE-CGC était bien présente à la réunion du 30 septembre, mais a finalement choisi de ne pas se rallier aux mots d’ordre de la future mobilisation. Pour autant, son numéro 1, François Hommeril, entend bien faire entendre la voix de la centrale de l’encadrement lors de son audition à Matignon le jeudi 2 juillet. « Nous allons remettre plusieurs thématiques sur la table : réindustrialisation, numérique, formation professionnelle, investissement dans la recherche, intelligence économique… il faut arrêter d’urgence la logique de baisse du coût du travail et la remplacer par une politique stratégique d’investissements. Il manque 10 à 15 milliards d’euros dans la recherche pour qu’elle soit au rendez-vous des enjeux. Nous sommes prêts à nous investir dans une politique de co-construction d’une stratégie de réindustrialisation avec l’État, mais encore faut-il que ce dernier abandonne la vision strictement comptable choisie depuis plus de vingt ans, et responsable, justement, de la chute de notre industrie », prévient-il.

Du côté patronal, les inquiétudes portent plutôt sur la pénurie de main d'oeuvre et les difficultés de recrutement des entreprises  à l'heure de la reprise économique et des prévisions de croissance optimistes de Bercy (6% avant la fin de l'année). Sur les retraites et l’assurance-chômage, la messe est dite. À l’occasion de l’Université d’été de son mouvement, la semaine dernière, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a réitéré son soutien à ces deux réformes, mais selon un tempo différé. Si celle de l’assurance-chômage devrait « entrer en vigueur au 1er octobre comme prévu », celle des retraites doit être reportée après juin 2022. « Il faut qu’elle soit écrite en toutes lettres dans le programme présidentiel pour être réalisée en s’appuyant sur la légitimité de l’élection. » Chez les petits patrons de la CPME et de l’U2P, l’attention immédiate se porte plutôt sur la fin du « quoi qu’il en coûte » après l’annonce, par Bruno Le Maire, de la fin du fonds de solidarité aux entreprises à compter du 30 septembre et une sérieuse revue à la baisse de la prise en charge du chômage partiel dès le 1er septembre. Par la voix de son secrétaire général, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, la Confédération des PME a déjà demandé un étalement des remboursements des prêts garantis aux entreprises (PGE) pour éviter les faillites en cascade. Des rendez-vous entre les représentants des petites entreprises, Bercy et la Fédération française des banques (FBF) pour étudier la question sont prévus dans les prochaines semaines.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre et Gilmar Sequeira Martins