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Une conférence sociale de long terme dans le Grand-Est

Dialogue social | publié le : 02.09.2020 | Mathieu Noyer

Très durement touchée par la crise du Covid-19, la région Grand-Est présidée par Jean Rottner met en place une conférence sociale territoriale pour consolider ou renouer le dialogue patronat/syndicats avec la complicité des pouvoirs publics.

 

Quel est l’objet de la « conférence sociale » lancée au début de l’été et qui poursuivra ses travaux cet automne ? 

Jean Rottner : Avec notre plan régional de relance Business Act et la plateforme d’initiative citoyenne Ma Région Demain, elle constitue l’un des trois axes forts de réaction durable à ce que nous avons traversé. En réunissant représentants patronaux et syndicaux sous l’égide de la région et de l’État, nous voulons créer une instance de dialogue social pérenne, apte à travailler sur le long terme et de façon dépassionnée les sujets de fond : non pas les thèmes nationaux (35 heures, retraites…) mais ceux spécifiques à notre territoire. Je pense en premier lieu à l’emploi frontalier et à toutes ses implications en matière de social, de fiscalité, de formation, etc., dont la fermeture temporaire des frontières a souligné l’importance. Il y a là un champ d’expérimentations à occuper. Je précise d’ailleurs que c’est la CGT qui, de façon constructive, a souhaité porter le groupe de travail sur le transfrontalier.

Quels sont les autres thèmes et selon quelle approche seront-ils abordés ? 

J.R. : L’insertion des jeunes constitue un enjeu récurrent et exacerbé par la crise. Les discussions pourraient aussi porter sur l’offre de diplômes dans la région, le problème persistant du niveau de qualification, ou encore le télétravail. La conférence sociale n’a pas l’intention de remplacer les négociations de branche, mais celle de tirer parti d’un cadre moins formel pour faire avancer les sujets. 

Quelle légitimité les pouvoirs publics ont-ils à s’inviter dans ce dialogue social ?

J.R. : Ce sont les partenaires sociaux qui ont souhaité qu’ils y aient toute leur place. Chacun a pris conscience que les défis post-Covid-19 de l’emploi et de la formation ne pouvaient se résoudre sans les pouvoirs publics. Nous pourrons aussi, si besoin, apporter le regard extérieur qui aiderait à ramener de la confiance et apaiserait les tensions éventuelles, préjudiciables au dialogue social. En annonçant l’initiative début juin, j’avais dit que la conférence sociale était, aussi, un moyen d’éviter un scénario à la Renault Sandouville (NDLR : la suspension de la reprise de production obtenue en justice par la CGT pour des vices de forme dans la procédure d’information-consultation) qui venait alors de faire la une de l’actualité.

 

Propos recueillis par Mathieu Noyer

Auteur

  • Mathieu Noyer