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« Le contexte ne se prête plus à une réforme des retraites » (Marylise Léon, secrétaire nationale-adjointe de la CFDT)

Dialogue social | publié le : 01.09.2021 | Benjamin d'Alguerre

Reçue le 1er septembre à Matignon dans le cadre des consultations sur la rentrée sociale, la CFDT enjoint le Gouvernement à laisser de côté la réforme des retraites au profit d’une politique d’aide urgente aux jeunes et aux chômeurs longue durée.

Lundi, le Gouvernement, par la voix de Bruno Le Maire et d’Élisabeth Borne, a annoncé la fin du « quoi qu’il en coûte », particulièrement une revue à la baisse de la prise en charge du chômage partiel (au 1er septembre) et la suppression du fonds de solidarité (au 30 septembre). N’est-ce pas trop prématuré ?

Marylise Léon : La CFDT a toujours pensé que cette situation de crise appelait à un soutien massif des entreprises et des salariés de la part des pouvoirs publics du moment que ce soutien était conditionné au maintien de l’emploi. Il n’est pas anormal que ce soutien évolue au fil de l’amélioration de la situation sanitaire et économique et que les entreprises engagées dans la reprise ne comptent plus sur les seules aides publiques. Le « quoi qu’il en coûte » répondait à une situation d’urgence, mais ne peut pas tenir sur le très long terme.

Le Gouvernement a remis sur la table la réforme des retraites. Pensez-vous que le moment soit pertinent ?

M. L : Pour nous, ce n’est pas un sujet à aborder avant 2022. Nous étions favorables à cette réforme en 2017, mais après la crise sanitaire que nous venons de traverser – qui n’est pas terminée, d’ailleurs – le contexte ne s’y prête aujourd’hui plus. Ce n’est pas une préoccupation pour les Français. Leurs préoccupations immédiates concernent l’emploi ou le télétravail.

La réforme de l’assurance-chômage a aussi fait son retour dans l’agenda social de cette rentrée…

M. L :  Le Président a choisi de remettre ce sujet sur la table, mais comme pour les retraites, nous estimons que ce n’est plus un sujet d’actualité. Aujourd’hui, la question urgente est celle de l’emploi. Malgré le soutien au titre de l’activité partielle, la fin de crise risque de se traduire par une augmentation du chômage de longue durée chez certaines populations fragilisées. Il faut mettre en œuvre des dispositifs d’accompagnement renforcé de ces personnes par les services de Pôle emploi afin d’enclencher une dynamique de retour rapide à l’emploi. J’entends le Medef se plaindre de la pénurie de main-d’œuvre, mais c’est la responsabilité des employeurs de rendre les métiers pénuriques attractifs. Pas en réclamant une baisse du coût du travail, mais grâce à des augmentations salariales, une amélioration des conditions de travail et de vraies perspectives de formation et d’évolution de carrière.

Quelles mesures attendez-vous sur l’insertion des jeunes ?

M. L : Nous avons des propositions concrètes à faire pour compléter le revenu d’engagement promis par le Gouvernement. Mais pour l’instant, aucun calendrier n’est fixé pour sa mise en œuvre. Pourtant, comme les chômeurs longue durée, les jeunes risquent de faire partie des premières victimes de la crise et ils ont besoin d’aides financières. Mais à ce stade, l’exécutif n’a donné aucune réponse à nos interrogations.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre