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Des salariés lassés et inquiets pour leur rémunération après un an de crise (Kantar/CFDT)

Dialogue social | publié le : 30.04.2021 | Benjamin d'Alguerre

Un an après le début de la pandémie, le moral est loin d’être au beau fixe dans les entreprises françaises, à en croire une étude réalisée par l’Institut Kantar pour la CFDT, publiée le 28 avril. 48 % des salariés déclarent ressentir de la « lassitude ». 28 % se disent « inquiets », 24 % « impuissants » et 22 % « résignés ». Conséquence : le sentiment de bien-être au travail s’est étiolé : 53 % reconnaissent que leur état psychologique s’est dégradé et ils sont 61 % à juger que c’est également le cas de celui de leurs collègues de travail. Les raisons de cette dégradation mentale ? L’angoisse face à un avenir incertain, répondent 42 % des sondés. Ils sont autant à estimer que la diminution des interactions sociales imposées par les couvre-feux et autres confinements en est responsable, et 40 % à penser que l’isolement dû aux mesures sanitaires y est pour quelque chose. Ils sont d’ailleurs 64 % à demander à leur employeur de mettre en place des mesures pour la protection mentale des salariés.

Côté emploi, l’inquiétude règne : 42 % des salariés affirment que la crise a eu impact négatif sur la situation économique et financière de leur employeur et 46 % s’attendent à des conséquences sur leur rémunération, ce qui est déjà le cas pour 27 % des sondés. En revanche, les mesures d’aides au maintien de l’emploi semblent porter leurs fruits : la quasi-totalité des salariés travaille actuellement, que ce soit à 100 % ou en activité partielle. Parmi ceux qui continuent de travailler, les deux tiers se rendent exclusivement sur leur lieu de travail, tandis que 11 % sont totalement en télétravail, les autres alternent. Sans surprise, le télétravail à 100 % semble un luxe réservé aux cadres : 69 % pratiquent régulièrement le travail à distance, contre seulement 27 % des employés et 4 % des ouvriers.

Manifestement, les employeurs ont su adapter les conditions de travail à la réalité pandémique à en croire les salariés. Ils sont ainsi 54 % à ne pas avoir ressenti de changements sur leurs conditions de travail à l’exception des jeunes, des cadres et des employés d’établissements recevant du public qui, eux, notent une dégradation. Les télétravailleurs longue durée sont (50 %) ceux qui se plaignent le plus de leurs conditions de travail. Si 69 % des sondés jugent que les entreprises ont plutôt été à la hauteur, ils sont plus sévères envers les syndicats (47 %) et les pouvoirs publics (45 %). 33 % indiquent d’ailleurs que leur entreprise a maintenu le dialogue pendant la crise. Sans surprise, c’est surtout le cas dans les grands groupes (47 % dans les plus de 1.000 et de 5.000 salariés) et dans les secteurs de l’industrie (44 %), dans l’administration (31 %) et dans les services (31 %). Le BTP est à l’inverse celui qui a le plus négligé le dialogue social (25 %).

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre