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Chez B2S, syndicats français et marocains travaillent de concert

Liaisons Sociales Magazine | Dialogue Social | publié le : 15.05.2015 | Eric Béal

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Les syndicats de ce centre d'appel, implanté en France et au Maroc, coordonnent leurs interventions des deux côtés de la Méditerranée. Une première rendue possible par l'intervention d'une ONG.

Début mars, une quinzaine de représentants syndicaux de B2S, société spécialisée dans la gestion de centres d'appel et la relation client, se sont retrouvés à Paris, pendant trois jours. Trois journées d'échanges intenses pour permettre aux syndicalistes français et marocains de partager leurs informations et se mettre d'accord sur des revendications communes.

La réunion était animée par un représentant de ReAct, une organisation non gouvernementale (ONG) sise à Grenoble, à l'origine des premiers contacts entre salariés des deux côtés de la Méditerranée. Objectif ? "Mettre fin au chantage à la délocalisation et à la concurrence entre les salariés exercé par la direction, explique l'association.

Une aide à l'organisation

Fondée en 2010, ReAct se définit comme"un réseau d'appui à l'organisation des travailleurs et citoyens dans le monde". "Nous apportons un soutien logistique et méthodologique dans la constitution d'organisations locales et d'alliances transnationales entre des acteurs concernés par une même entreprise", explique Eloise Maulet, coordinatrice du réseau en France. Un des membres de l'organisation, installé au Maroc, a joué les intermédiaires pour mettre en contact les responsables de l'Union marocaine du travail (UMT) et ceux de la CGT et de la CFDT.

Un succès. Début avril, les trois organisations syndicales publient un communiqué pour exprimer leur "volonté commune de travailler ensemble à la construction d'une alliance syndicale transfrontalière B2S." "Les reproches permanents et simplistes sur la qualité produite au Maroc ou sur le coût et la législation du travail en France n'ont que trop duré. La multiplication des échanges entre salariés français et marocains sera notre meilleure arme pour contraindre nos directions respectives à des négociations loyales", expliquent les trois syndicats.

Des revendication transfrontalières

"On avait besoin de construire quelque chose pour savoir ce qui se passait au Maroc et apporter de l'information aux syndicalistes marocains. Mais avant que les gens du ReAct ne s'adressent à nous, nous étions incapables d'établir le contact", précise Thierry Palatte, délégué syndical CGT. Via des actions syndicales simultanées et coordonnées en France et au Maroc, les syndicalistes ambitionnent de rééquilibrer le dialogue social au sein de B2S.

Les revendications portent sur de nombreux points. Notamment l'intégration de représentants marocains au sein du comité stratégique et économique du groupe. Mais aussi la synchronisation et l'alignement, en France et au Maroc, des négociations sur l'évolution des rémunérations et des conditions de travail. Sans oublier l'attribution de droits nouveaux pour les représentants syndicaux.

Pour le moment, la direction n'a pas donné suite à ces demandes. Mais il lui sera difficile de les ignorer très longtemps. L'entreprise a en effet reçu le label "Responsabilité sociale" délivré par la profession. Une distinction qui l'oblige, en théorie tout au moins, à se montrer ouverte à ce genre d'initiatives…

 

 

 

Auteur

  • Eric Béal