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La CFE-CGC veut armer davantage ses élus sur les questions climatiques

RSE | publié le : 27.05.2021 | Benjamin d'Alguerre

Si la CFDT et la CGT ont déjà affiché leur engagement en matière de transition climatique, la CFE-CGC s’est aussi emparée du sujet de longue date : « L’intégration des enjeux de RSE dans le dialogue social figurait déjà dans notre programme en 2013 », a rappelé Madeleine Gilbert, secrétaire nationale à la RSE et au développement durable du syndicat des cadres, à l’occasion d’un wébinaire consacré à la transition écologique, le 27 mai. Forte de la conviction qu’ « enjeux climatiques et sociaux fusionneront tôt ou tard », la confédération de l’encadrement a mis un coup d’accélérateur en mettant notamment sur pied un « réseau RSE » d’une quarantaine de militants chargés de faire le tour des fédérations et des unions territoriales pour y prêcher la bonne parole, mais aussi en sensibilisant ses troupes dans les entreprises. « À l’horizon 2022, nous voulons que nos élus dans les CSE bénéficient d’une formation à la biodiversité », annonce-t-elle. Dans le même temps, la CFE-CGC devrait également éditer un guide de la biodiversité à destination de ses militants.

Objectif affiché : armer davantage les élus dans les négociations dont les conséquences peuvent avoir des impacts néfastes sur l’environnement. « Il ne s’agit pas de transformer les organisations syndicales en ONG d’entreprises, mais de permettre aux représentants des salariés de faire de ces enjeux un objet de dialogue social », précise Mathilde Despax, présidente de Gate 17, un cabinet de conseil aux CSE spécialisé dans les sujets environnementaux. « L’idée est de modifier les comportements des entreprises qui ne peuvent plus aujourd’hui se contenter du ‘’business as usual’’ », ajoute Nicolas Eono, délégué syndical CFE-CGC chez Orange Business Services. Les changements réglementaires vont plutôt dans le sens des ambitions du syndicat des cadres. La loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 oblige déjà les entreprises de plus de 50 salariés à intégrer la question du développement durable dans leurs négociations annuelles obligatoires (NAO). Et le projet de loi climat, actuellement au Sénat après un premier examen par l’Assemblée nationale pourrait redonner des billes aux syndicats de salariés pour peser dans la balance lors des réunions sociales. Dans son état actuel, le texte ajouterait les questions liées à la transition environnementale dans les sujets à inscrire « de façon récurrente » à l’agenda des CSE et de renforcer la dimension écologique des négociations GPEC.

Côté formation, la loi pourrait contraindre les Conseils régionaux de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Crefop), en charge notamment de la rédaction des listes des métiers d’avenir, à intégrer deux personnalités qualifiées chargées de porter la parole des acteurs de l’environnement, ainsi que de missionner les Opérateurs de compétences (Opco) afin que ceux-ci informent les entreprises de leurs réseaux des mutations écologiques de l’emploi. Plusieurs amendements actuellement à l’étude au Parlement pourraient également transformer les « bases de données sociales et économiques » (BDES) des entreprises en « bases de données sociales, économiques et environnementales » (BDESE), d’obliger les entreprises à inclure l’examen des conséquences environnementales de leurs actions économiques lors des négociations d’entreprise, de permettre aux élus de se former à ces questions lors de stages de formation économiques, sociaux et environnementaux. Bref, de permettre aux représentants syndicaux de peser sur les politiques environnementales des entreprises.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre