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Au Royaume-Uni, l'écart salarial hommes-femmes résiste toujours aux politiques publiques

Egalité professionnelle | publié le : 06.12.2021 | Lys Zohin

Salaires hommes femmes Royaume-Uni

Les politiques mises en place depuis 25 ans pour réduire le fossé salarial entre les hommes et les femmes au Royaume-Uni n'ont eu que très peu d'effet, relève un récent rapport de l'Institut des politiques budgétaires. De fait, en 2019, les femmes étaient toujours moins nombreuses dans l'emploi que les hommes (83,5 % contre 93 %), et lorsqu'elles l'étaient, elles étaient plus souvent en temps partiel (elles travaillaient ainsi 8 heures de moins en moyenne par semaine que les hommes) et étaient encore payées 19 % de moins de l'heure que les hommes... Et si ce fossé tend à se réduire par rapport au milieu des années 1990, l'étude calcule que les trois quarts de cette amélioration sont dus à l'augmentation rapide du niveau d'éducation chez les femmes. Les femmes au travail, qui avaient 5 % de chance en moins d'avoir un diplôme universitaire que les hommes, sont passées à 5 % en plus. "Si l'on retranche l'effet éducation, il y a eu très peu de progrès dans la réduction du fossé salarial depuis 1995, relève ainsi Alison Andrew, coauteure de l'étude et économiste à l'Institut des politiques budgétaires. En fait, les effets combinés d'autres changements, y compris les politiques publiques, comme l'allongement des congés parentaux et l'augmentation des financements liés aux soins des enfants (crèches, etc.) correspondent quasiment à une amélioration zéro." Pis, la différence en matière de salaire horaire entre les hommes et les femmes est plus forte pour les salariés diplômés. Alors qu'au niveau du salaire minimum, les hommes qui ont quitté l'école à 16 ans ou plus tôt touchent 17% de plus que les femmes dans le même cas, chez les diplômés, les hommes gagnent 23 % de plus que les femmes. En outre, la structure du marché du travail actuel pénalise les non-diplômées. Ainsi, les femmes sans qualifications sont 26,5 % à être sans emploi, contre 9,5 % des hommes. Le rapport appelle donc à la mise en œuvre de politiques publiques plus ciblées, en particulier en ce qui concerne les enfants, puisque c'est le fait de travailler à temps partiel pour s'en occuper qui pèse sur les revenus des femmes, mais aussi leurs chances de progresser dans leur carrière et de bénéficier d'un meilleur salaire (et d'une pension plus élevée) ensuite.

Auteur

  • Lys Zohin