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Pour le syndicat luxembourgeois OGBL, pas touche à l’indexation des salaires sur l’inflation

Rémunérations | publié le : 29.04.2022 | Pascale Braun

Il n’est pas courant qu’un syndicat luxembourgeois tienne des conférences de presse à l’étranger, de surcroît pour y évoquer la perspective d’un combat de longue haleine. Premier syndicat grand-ducal avec plus de 70.000 adhérents, l’OGBL – Confédération syndicale indépendante du Luxembourg ) est allé à la rencontre des journalistes en Lorraine, en Sarre et en Wallonie pour annoncer un premier mai combatif sur le thème "Pas touche à l’index". Par ce mot d’ordre, le syndicat réaffirme son refus du report de la tranche indiciaire qui se déclenche en principe automatiquement dès que l’inflation dépasse 2,5 %. Cette mesure figurait dans le "Paquet solidarité" négocié fin mars 2022 par le comité de coordination tripartite qui a réuni les représentants de l’État, du patronat et des syndicats fin avril pour faire face à la flambée des prix de l’énergie.

Un pilier de la paix sociale

"L’indexation des salaires sur l’inflation constitue, avec les conventions collectives et le salaire social garanti, l’un des trois piliers de la paix sociale au Luxembourg. Si on le remet en cause, les deux autres piliers vacillent. C’est pourquoi nous sommes prêts à descendre dans la rue pour défendre cet acquis", annonce Nora Back, présidente de l’OGBL. D’après l’institut statistique grand-ducal Statec, la nouvelle tranche indiciaire devrait se déclencher fin août. Les huit mois de gel de l’indexation proposés par le Gouvernement reportent d’autant l’augmentation des salaires et des retraites, alors même que de nouvelles tranches indiciaires pourraient se déclencher entre 2023 et 2024.

Pauvreté au pays de Cocagne

Le Luxembourg propose certes le salaire minimal le plus élevé d’Europe avec 2.313 euros bruts par mois, mais seule la moitié des entreprises a conclu une convention collective garantissant des revalorisations salariales régulières. Le taux de pauvreté dépassait déjà 13,5 % début 2020, avant la crise sanitaire. Les pertes de salaire dues au chômage partiel, le coût du logement devenu prohibitif au Luxembourg et l’inflation, qui a progressé de 1 % au mois de mars dernier, aggravent la situation.

Les 212.000 travailleurs frontaliers que compte le Grand-Duché – dont une moitié de Français – sont particulièrement concernés par le risque de paupérisation. Soumis à une réglementation du télétravail à deux vitesses, exclus des avantages en nature – crèches, gratuité des cantines, bourses d’études pour les enfants – réservés aux nationaux, ils subissent également de plein fouet la hausse du prix des carburants. "Le Luxembourg, qui se plaint d’une pénurie de main-d’œuvre, devrait se méfier de l’effet boomerang que le report de l’indexation pourrait avoir sur les travailleurs frontaliers. Entre les embouteillages et le coût du carburant, certains se demandent si cela vaut encore la peine e venir travailler au Luxembourg", prévient Jacques Delacollette, responsable de l’OBGL pour la grande région. Ce 1er mai, des cars de frontaliers partiront de Metz, de Thionville et de Longwy pour rejoindre la manifestation de l’OGBL à Luxembourg ville. La GCT en France, la FGTB en Belgique et la DGB en Allemagne ont manifesté leur soutien. En revanche, le front intersyndical luxembourgeois s’est fissuré, les deux autres organisations représentatives du pays, la LCGB et l’Union syndicale luxembourgeoise ayant signé le "paquet solidarité" qui devrait être voté au cours des prochaines semaines.

Auteur

  • Pascale Braun