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La guerre des talents s'atténue sur le marché de l'emploi

ISRH | Rémunérations | publié le : 16.09.2020 | Lys Zohin

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Selon l'étude du cabinet international spécialisé dans le recrutement des cadres, PageGroup, le marché, largement favorable aux candidats qualifiés et aux cadres jusqu'à début 2020, est, dans le sillage de la crise sanitaire et économique, moins porteur aujourd'hui. Mais surtout, le cabinet a observé en 2020 un changement de comportement des professionnels et des candidats à l'emploi. L’étude, qui s'appuie sur les missions réalisées pour ses clients sur l'ensemble de l'année 2019 et jusqu'au 30 juin 2020, les entretiens effectués avec les candidats et l'analyse de sa base de données montrent que de nombreux cadres en poste, qui jusqu’alors restaient ouverts aux opportunités, n’aspirent plus aujourd'hui à la mobilité. Les professionnels en période d'essai attendent que la tempête passe, tandis que les candidats en recherche d'emploi se trouvent face à une concurrence accrue sur de nombreux postes et métiers porteurs (comptabilité, RH, assistanat technique…) ». En conséquence, analyse le cabinet, le phénomène de guerre des talents constaté depuis plusieurs années, particulièrement sur les métiers à forte technicité (cadres commerciaux, ingénieurs informatiques, experts de la supply chain et de la finance, notamment), se trouve légèrement atténué par ce retour à un semblant d'équilibre entre l'offre et la demande. Et si les difficultés de recrutement persistent sur les métiers de l'ingénierie ou de l'IT, en tension depuis plus de dix ans, le ratio demande des entreprises/offre de candidats se resserre dans le contexte actuel.

« Les rémunérations, qui se trouvaient impactées positivement dans un marché en tension, vont ainsi tendre à se stabiliser sur l'année 2021, à l'exception de certains métiers clés, au sein des rares secteurs ayant pu profiter de la crise du coronavirus », poursuit PageGroup. D'ailleurs, pour les entreprises, les enjeux ont évolué : « L'heure est moins à l'acquisition de nouveaux talents qu'à la rétention et au développement des talents recrutés avant la crise », précise le cabinet de recrutement. Parmi les leviers à la disposition des employeurs, se trouvent bien entendu la rémunération, mais aussi la formation continue. À cet égard, les entreprises devront faire des progrès, puisque 46% des actifs jugent inefficace la formation professionnelle proposée par leur employeur et que près d'un actif sur trois se montre incapable de se prononcer sur l'efficacité du compte personnel de formation (CPF)... L'enjeu est d'importance, d'autant que, selon les données de PageGroup, un actif sur deux envisage une reconversion dans les deux prochaines années.

Les rémunérations concernant les métiers des ressources humaines, par exemple, restent stables. À titre d'exemple, la rémunération annuelle brute (en K/euros) d'un chargé du recrutement avec cinq à dix ans d'expérience se situe dans une fourchette de 38-45 K/euros, celle d'un responsable des relations sociales, avec la même expérience, à 65-75 K/euros, et celle d'un responsable SIRH également à 65-75. Dans d'autres domaines, un ingénieur bureau d'études/R&D avec cinq à quinze ans d'expérience est à 44-50 et un directeur de la transformation avec dix à quinze ans d'expérience à 80-150 K/euros.

En général, les candidats maintiennent leurs exigences tant en matière de missions et de responsabilités proposées qu'en matière d'environnement de travail et d'avantages offerts par l'entreprise, d'après PageGroup. Toutefois, 10% des salariés accepteraient une baisse de salaire en raison de la situation économique, tandis que 46% estiment ne pas devoir revoir leur salaire à la baisse malgré le contexte et 21% se déclarent prêts à faire des concessions seulement si leur recherche d'emploi devait durer dans le temps.

À noter, si depuis la crise de la Covid-19, de nombreux postes RH ont perdu en spécialisation pour revenir à des sujets plus généraux (paie, recrutement et formation, notamment), la demande en experts des relations sociales et du Compensation & Benefits restera élevée sur 2021.
 

Auteur

  • Lys Zohin