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« Il faut inciter les branches à négocier sur l'intéressement » (Thibault Lanxade)

Intéressement | publié le : 19.10.2020 | Gilmar Sequeira Martins

« Il faut inciter les branches à négocier sur l'intéressement » (Thibault Lanxade)

« Il faut inciter les branches à négocier sur l'intéressement » (Thibault Lanxade)

Crédit photo Ricochet64 - stock.adobe.com

Thibault Lanxade, dirigeant de Jouve et ambassadeur à l’intéressement et à la participation, propose deux mesures pour accélérer et améliorer le partage de la valeur en entreprise.

Quels dispositifs peuvent favoriser l’intéressement et la participation ?

Thibault Lanxade : Dans un premier temps, deux mesures peuvent être prises. Il faut d’abord inciter les branches à négocier des accords d’intéressement types afin de permettre le déploiement unilatéral du dispositif sur demande du chef d’entreprise dans les entreprises de moins de cinquante salariés. Aujourd’hui, treize accords ont déjà été conclus parmi les quatre-vingts branches les plus importantes. Cela ne permet pas un déploiement massif d’accords d’intéressement dans les TPE et les PME. Pour l’instant, la loi oblige les branches à ouvrir des négociations mais ne fixe pas d’objectifs. Il n’y a pas de refus idéologique de la part des syndicats ou de volonté du patronat de ne pas négocier, mais c’est un thème qui reste peu prioritaire. Il demande du temps alors que les branches sont déjà accaparées par la restructuration en cours, parasitée par ailleurs par la question du bonus-malus, sans oublier les problématiques de retraite ou d’assurance-chômage. Dans la situation actuelle, les entreprises ont du mal à envisager un meilleur partage de la valeur, un sujet pourtant légitime et nécessaire, mais qui est en avance de phase. Si les entreprises demandent des efforts à leurs collaborateurs, il serait opportun de disposer de mécanismes qui leur permettent de bénéficier aussi d’un retour à meilleure fortune. Les mécanismes d’intéressement sont les instruments adéquats pour remplir cet objectif. Il faut être plus exigeant vis-à-vis des branches professionnelles pour obtenir plus d’accords en 2021. Je plaide pour que soit créé un accord-type générique qui puisse s’appliquer si les branches n’arrivent pas à un accord.

Quelle est la seconde mesure que vous envisagez ?

T. L. : Il faut par ailleurs inciter les entreprises de moins de cinquante salariés à mettre en place la participation. Encore faut-il que la formule permettant de calculer la participation soit « audible » et applicable. Je plaide pour que la participation soit un pourcentage du résultat net comptable dans les entreprises de moins de cinquante salariés. Le chef d’entreprise verrait ainsi clairement ce qu’il peut attribuer et les collaborateurs seraient intéressés à la performance de l’entreprise. Il faut préserver la formule actuelle pour les autres entreprises afin d’éviter des effets de levier incertains.

Vous souhaitez aussi sécuriser les accords...

T. L. : Oui, il faut par ailleurs sécuriser juridiquement les accords. Aujourd’hui, il faut rédiger un acte juridique, l’envoyer à la Direccte et ensuite il y a toujours un contrôle possible de l’Urssaf. Tout cela peut générer de l’inquiétude et de la défiance de la part du chef d’entreprise. Il faut automatiser et sécuriser ces processus. L’Accoss a mis au point une plateforme en ligne qui permet au chef d’entreprise de choisir entre différentes formules de calcul d’intéressement (à partir d’un pourcentage du chiffre d’affaires ou de l’excédent brut d’exploitation ou de la marge commerciale), puis d’obtenir un document sécurisé, de sorte que les contrôles ne soient plus une source d’inquiétude. Il suffira de l’imprimer, le signer et l’envoyer à la Direccte. C’est ce type d’outil qu’il faut généraliser.

Propos recueillis par Gilmar Sequeira Martins

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins