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Des bonus pour les salariés vaccinés dans la grande distribution allemande

Rémunérations | publié le : 19.04.2021 | Lys Zohin

Les incitations financières pour se faire vacciner ont fait leur apparition en Allemagne, en particulier dans la grande distribution. Ainsi, la chaîne de supermarchés Edeka Nord, basée à Hambourg, offrira à ses salariés un bon d'achat de 50 euros dans ses magasins s'ils se font vacciner. Ses concurrents Lidl et Aldi ont déjà pris la même initiative pour leurs salariés aux États-Unis. Depuis janvier, en effet, Lidl, basé dans le Bade-Wurtemberg, gratifie ses salariés, dans ses 125 magasins sur la côte est, d'un bonus de 200 dollars. Quant à la chaîne Aldi, elle propose à ses employés payés à l'heure, aux États-Unis, l'équivalent de deux heures de salaire pour chaque dose de vaccin reçue et s'engage à payer les coûts associés à la vaccination. D'autres sociétés américaines, comme Starbucks et McDonald's, de même que Trader Joe's (filiale d'Aldi), offrent les mêmes avantages à leurs salariés. Et alors que 37 % de la population américaine a reçu une ou deux doses de vaccins, en Allemagne, cette proportion n'est que de 16 %, selon les chiffres officiels. Pas étonnant que les chaînes de supermarchés allemandes veulent reproduire la même stratégie chez elles. « En principe, il n'y a rien qui interdise ces avantages donnés aux salariés pour une vaccination, précise DGB Rechtsschutz, le cabinet juridique de la fédération des syndicats allemands (DGB). Cela va dans le sens de la responsabilité des employeurs, et les met dans une meilleure situation financière. » Reste que ces bonus doivent recevoir au préalable l'accord des partenaires sociaux. D'ailleurs, si le Code du travail allemand permet, jusqu'à un certain point, de traiter différemment les salariés vaccinés et les non-vaccinés, les employeurs ont aussi l'obligation de traiter tous les salariés de manière égale. En outre, ils doivent prendre en compte la santé des collaborateurs et ne pas les exposer à des risques. Dans un contexte de pandémie, cette dernière obligation justifie, selon les spécialistes en droit du travail, de « dévier » de l'obligation d'égalité. Des salariés vaccinés pourraient ainsi être autorisés à retourner travailler dans des bureaux ou avoir accès à des lieux partagés dans l'entreprise, telle que la cantine, précisent-ils, sans exclure pour autant des plaintes de la part de salariés qui ont décidé, comme ils en ont le droit en Allemagne, de ne pas se faire vacciner, ajoutent-ils. 

 

Auteur

  • Lys Zohin