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« Nous devrons devenir le cinquième syndicat » (Laurent Escure, UNSA)

Syndicats | publié le : 19.04.2021 | Gilmar Sequeira Martins

Avec 15,89 % des suffrages aux élections professionnelles réservées aux 5 millions de salariés des TPE de moins de 11 salariés, l’UNSA dépasse FO (13,84 %) et talonne la CFDT (16,46 %), arrivée en seconde position derrière la CGT (26,31 %). Des résultats que commente Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA.

Comment analysez-vous les résultats des élections professionnelles dans les TPE ?

Laurent Escure : Je ne suis pas surpris par le taux de participation. L’élection a été décalée à deux reprises, ce qui a éloigné le scrutin du moment où le corps électoral a été constitué. À cela se sont ajoutées la crise sanitaire et la situation économique qui va avec. Ce n’était pas un contexte permettant une progression de la participation. Si le contexte avait été similaire à celui du dernier scrutin, je crois que la participation aurait été similaire, ce qui n’est pas satisfaisant. Mais même insatisfaisant, un processus démocratique est toujours préférable plutôt que rien.

À quoi attribuez-vous vos bons résultats ?

L. E. : Le syndicalisme ne se porte pas si mal dans les espaces où il est déjà bien implanté. Le paradoxe, c’est qu’il protège surtout des gens qui ont déjà une protection, par le statut ou le contrat de travail CDI. Les personnes les moins protégées, qui sont souvent les moins bien rémunérées, dont beaucoup travaillent dans des TPE, s’intéressent peu ou pas aux syndicats car ils ne leur proposent pas de solution. Nous avons lancé un dispositif, les « aideurs », qui cible ces salariés et aussi les intérimaires et ce qu’on appelle les « permittents ». Ce réseau compte peu de permanents, mais surtout des militants déjà engagés dans la vie syndicale. Ils ont accepté de faire partie de ce réseau très souple dans lequel ils peuvent s’engager comme ils le souhaitent, en plus de leur action syndicale habituelle. Nous avons actuellement 1.500 « aideurs » actifs qui ont une action de solidarité et de proximité vis-à-vis de ces salariés. J’attribue notre succès à cette stratégie. Nous travaillons à une forme de socle de base, un abonnement, qui permettrait de garder un contact avec le salarié, indépendamment de l’entreprise où il travaille, mais ce n’est pas facile à mettre en place.

À quelle échéance comptez-vous atteindre la représentativité ?

L. E. : Nous n’atteindrons pas le seuil de représentativité, mais nous allons nous en rapprocher et l’atteindre peut-être au prochain cycle. Nous confortons notre place dans des branches qui comptent beaucoup de TPE comme les cabinets dentaires, et nous allons entrer dans la branche du notariat. Cela nous permettra de montrer notre différence aux salariés des entreprises où nous ne sommes pas encore implantés. Nous ne sommes pas représentatifs juridiquement au niveau national, mais nous le sommes dans les entreprises, dans certaines branches et globalement, nous arrivons en troisième position dans les TPE. Avec ces résultats, nous devrions devenir le cinquième syndicat si on prend en compte le public et le privé, et passer devant la CFTC. Il manque actuellement un étage de représentativité. Il pourrait se baser sur ce qui existe déjà pour le CESE et mesurer la représentativité cumulée dans le public et le privé. Cela permettrait d’éviter des situations où, pour des sujets qui concernent tous les salariés, seuls sont invités à la concertation les cinq premiers syndicats du privé et pas celui qui est cinquième en cumulant les résultats du public et du privé.

Propos recueillis par Gilmar Sequeira Martins

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins