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Dans l'automobile mexicaine, le droit syndical n'est guère respecté

Syndicats | publié le : 04.05.2021 | Lys Zohin

Le président (de gauche) Manuel Andres Lopez Obrador a, certes, signé une loi en 2019 garantissant aux salariés le droit de rejoindre un syndicat indépendant, mais le texte n'entrera véritablement en vigueur qu'en 2023. En attendant, les salariés, et notamment dans l'industrie automobile, qui fabriquent des pièces pour General Motors, Toyota, Stellantis et autres, juste de l'autre côté de la frontière avec les États-Unis, ont affaire avec des syndicats corrompus et guère enclins à soutenir les ouvriers dans leurs demandes d'augmentation salariale et d'amélioration des conditions de travail. « Certaines entreprises locales n'hésitent pas à licencier les ouvriers qui demandent un vrai syndicat les représentant, ou elles arrêtent de leur proposer des heures supplémentaires, ou les privent de leurs bonus, ou les passent en équipe de nuit », oberve Alfredo Dominguez, qui dirige le Centre fédéral mexicain de conciliation dans l'emploi, créé dans le cadre de la loi de 2019 pour rendre les négociations collectives légitimes. Une fois en vigueur, la loi éliminera ce qu'on appelle au Mexique les contrats de protection, signés entre les employeurs et les syndicats traditionnels – sans consultation préalable des salariés... Pour l'heure, Alfredo Dominguez estime que 80 % des négociations collectives sont faites de cette façon. Au point que certains ouvriers dans l'automobile se tournent désormais vers les États-Unis. De fait, l'accord commercial passé entre le Mexique, les États-Unis et le Canada, en vigueur depuis l'an dernier, enchâsse le droit des travailleurs à choisir le syndicat qui les représentera dans le cadre des négociations collectives. Et avec la nouvelle administration Biden, les experts s'attendent à ce que les clauses de protection des salariés, visant à l'origine à limiter la concurrence déloyale sur les salaires, soient scrutées avec une plus grande attention. Selon le traité, les entreprises mexicaines qui ne respecteraient pas la liberté syndicale peuvent être soumises à des sanctions, notamment sous forme de droits de douane accrus. L'AFL-CIO a d'ailleurs annoncé en avril qu'elle s'apprêtait à porter en justice des dossiers contre les fournisseurs automobiles mexicains.

Auteur

  • Lys Zohin