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Hubert Mongon (UIMM) : "Nous devons innover pour garantir l’emploi et les compétences"

ISRH | Relations Sociales | publié le : 20.05.2020 | Laurence Estival

Hubert Mongon, délégué général de l’UIMM.

Crédit photo DR

L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et trois organisations syndicales représentatives viennent de se mettre d’accord sur une liste de propositions pour relancer l’activité et préparer l’avenir. Délégué général de l’UIMM, Hubert Mongon présente ces mesures communes pour « préserver l’emploi, les compétences et construire l’industrie de demain ».

Quels sont les principaux axes de cette réflexion commune ?
Hubert Mongon :
Dans la première partie consacrée à la reprise, nous avons voulu innover et aller au-delà des dispositifs en vigueur : si nous souhaitons que le dispositif d’activité partielle se poursuive jusqu’à la fin de l’année, nous avons imaginé en parallèle une mesure qui concernerait les salariés dont l’activité devrait être réduite. Nous proposons que le temps de travail puisse être diminué de 40 % maximum, avec en contrepartie une rémunération comprise entre celle du chômage partiel actuel (84 % du salaire net) et celle du régime d’assurance-chômage classique (autour de 70 % du salaire net) à laquelle l’État ou l’Unédic participerait. Les entreprises ayant recours au dispositif s’engageraient, elles, à maintenir l’emploi durant sa mise en œuvre. Un tel mécanisme permettrait d’aller au-delà de la durée du dispositif gouvernemental et donc de nous adapter à la situation économique. Cette proposition ainsi que le recours massif à la formation des salariés pour les préparer à l’industrie de demain (robotisation, digitalisation, transition écologique), la question de l’aménagement des fins de carrière pour favoriser l’embauche d’un jeune et le développement du prêt de main-d’œuvre au sein de la métallurgie visent à mettre tout en œuvre pour conserver les emplois et les compétences afin de mieux préparer la reprise. Nous avons tiré les leçons de la crise de 2008…

C’est-à-dire ?
H. M. :
À l’époque, nous avons regretté la perte de compétences qui a été l’un des freins à la reprise que nous devons préparer dès aujourd’hui. C’est pourquoi nous faisons aussi des propositions pour ne pas casser la dynamique en cours autour de l’apprentissage. Et nous voulons, enfin, avec les organisations syndicales, contribuer activement au plan de relance du Gouvernement prévu pour septembre. Nous allons faire un diagnostic complet des enjeux (souveraineté, relocalisations, productivité, transition énergétique et numérique, industrie décarbonée…). Cette contribution sera complétée par la reprise des négociations pour mettre en place une nouvelle convention collective adaptée à nos prochains défis.

Les propositions que vous faites ne sont pas chiffrées et nombre d’entre elles ne dépendent pas que des entreprises adhérentes, puisque vous en appelez aux pouvoirs publics, à l’OPCO de l’industrie…
H. M. :
Aujourd’hui, personne n’est encore capable de dire combien de salariés pourraient être concernés, à quelle échéance et quels moyens il faudrait mobiliser. Notre objectif en publiant un « manifeste » est d’interpeller les parties prenantes en leur disant qu’il y a urgence à se mobiliser pour sauver l’emploi industriel. Nous sommes tous face à une situation historique, dans laquelle nous sommes nous aussi prêts à prendre nos responsabilités, syndicats comme patronat.

Propos recueillis par Laurence Estival

Auteur

  • Laurence Estival