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Gilles Gateau : « L'Apec doit bouger aussi sur le terrain social »

Dialogue Social | publié le : 19.02.2021 | Benjamin d'Alguerre

L’Apec a décidé de doper son dialogue social. Neuf négociations sont programmées sur les vingt-quatre prochains mois. Sur certains sujets, les négociateurs s’autorisent une phase d’expérimentation préalable aux discussions.

Pourquoi cette refonte massive des accords au sein de l’Apec ?

Gilles Gateau : L’Apec est en mouvement. Nous sommes mobilisés comme jamais pour nos clients et en particulier les jeunes diplômés ; nous travaillons à notre stratégie 2026 et nous allons renégocier dans les mois qui viennent notre mandat de service public avec l’État. Nous venons de signer une nouvelle convention de partenariat avec Pôle emploi… Il faut aussi bouger sur le terrain social ! Je suis un adepte de la « symétrie des intentions » : si l’on ambitionne d’améliorer notre expérience clients, il faut aussi le faire pour nos presque 1.000 collaborateurs.

Quelle est votre conception du dialgue social ?

G. G. : Le dialogue social est pratiqué intensivement à l’Apec depuis longtemps, mais organisations syndicales comme direction, nous voulions donner une nouvelle dynamique. Sur un certain nombre de sujets importants (égalité hommes-femmes, qualité de vie au travail, GEPP et gestion des âges, intéressement et épargne salariale, avantages sociaux, longues maladies, organisation du travail…), il n’y a pas ou plus d’accord en vigueur aujourd’hui ; sur d’autres sujets, il y a nécessité d’une remise à jour. Nous avons mis neuf négociations à l’agenda et nous nous sommes donnés vingt-quatre mois pour les réussir. Soit en moyenne un accord tous les trois mois ! C’est très ambitieux, et pour y parvenir il ne faut pas seulement une ambition, il faut de la méthode. Les organisations syndicales demandaient depuis longtemps un accord de méthode : nous l’avons ! Par exemple, chaque négociation sera précédée d’un diagnostic partagé en amont. Et sur certains sujets, nous pourrons passer par une phase d’expérimentation avant d’engager le cas échéant des négociations.

Quels sont les « grands sujets » à l’agenda ?

G.G : Tous les domaines choisis sont importants. Mais bien sûr, les impacts pour les collaborateurs de l’Apec sont différents. Par exemple, c’est important d’avoir un accord handicap et de nous montrer exemplaires sur ce sujet, mais cela ne change pas la vie au travail de tous les collaborateurs. En revanche, le télétravail est beaucoup plus impactant : fin août dernier nous en avons négocié un nouvel accord – à renégocier mi 2021 – autorisant l’ensemble des salariés de télétravailler jusqu’à cent jours par an.

Il existe par ailleurs des sujets sur lesquels nous n’avons pas décidé d’engager de négociations séparées, mais de les traiter dans des négociations plus globales, comme pour la formation, CPF ou Pro-A qui seront certainement à l’agenda de notre négociation GEPP. De même, l’Apec disposait d’accords seniors et jeunes, et nous avons fait le choix de simplifier en intégrant la gestion des âges avec la GEPP.

La méthode choisie n’est-elle pas trop contraignante ?

G.G : Nous avons choisi de négocier dans un calendrier très exigeant c’est vrai, je pense que tout le monde en est conscient. Sur l’égalité hommes-femmes, par exemple, les discussions vont s’ouvrir le 8 mars pour s’achever fin avril. Sur l’intéressement, elle s’ouvrira en avril pour finir en mai. C’est un défi, mais justement, la méthode que nous avons formalisée doit nous aider : étirer des négociations sur des mois voire des années, au rythme d’une séance par mois, ça n’est pas un gage de succès, au contraire !

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre