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Gilbert Houngbo, un défenseur de la protection sociale à la tête de l'OIT

Règlementation du travail | publié le : 28.03.2022 | Benjamin d'Alguerre

Élu le 23 mars, l’ancien Premier ministre du Togo Gilbert Houngbo prendra ses fonctions de directeur général de l’OIT en octobre 2022. Il entend placer son mandat sous le sceau du développement de la protection sociale dont 4 milliards de travailleurs dans le monde ne bénéficient pas.

Finalement, ce ne sont ni la Française Muriel Pénicaud ni le Sud-Africain Mthunzi Mdwaba qui s’assiéront dans le fauteuil de directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) en octobre prochain. Les deux favoris pour la succession du Britannique Guy Ryder ont été écartés, jeudi dernier, par le conseil d’administration du Bureau international du travail (BIT) qui leur a préféré le togolais Gilbert Houngbo. Celui-ci deviendra donc le 11e directeur général de l’organisation et le premier issu du continent africain.

Âgé de 61 ans, Gilbert Houngbo avait obtenu 24 votes sur les 56 que compte le collège électoral du BIT dès le premier tour du scrutin, devançant ainsi l’ancienne ministre du Travail française Muriel Pénicaud (14), l’homme d’affaires sud-africain Mthunzi Mdwaba, qui a presque fait le grand chelem sur les voix patronales (13 sur 14) mais a sans doute payé ses positions hostiles au droit de grève, la ministre des affaires étrangères de Corée du Sud Kang Kyung-wha (4) et le syndicaliste australien Greg Vines (1), pourtant présenté un temps comme le dauphin de Guy Ryder. Au second tour, la victoire du Togolais a été confirmée par 30 voix contre 23 pour Muriel Pénicaud, le reliquat se partageant entre les autres candidats.

Celui qui se présente aujourd’hui comme « un futur directeur ferme et unificateur » pour l’OIT et défenseur « d’un nouveau contrat social pour le monde » a massivement bénéficié du soutien des organisations syndicales présentes au Bureau international du travail. Dont celui de la CGT, qui se réjouit aujourd’hui de son élection, mais présente dans la foulée son cahier de doléances au nouveau directeur général : « Les valeurs de l’OIT doivent effectivement être confortées, notamment celles qui reposent sur la défense des libertés syndicales – dont l’exercice du droit de grève fait partie ­– et le droit à la négociation collective. Nous attendons aussi du nouvel élu qu’il consacre les questions de santé et de sécurité au travail au rang de convention fondamentale de l’OIT et qu’il impose aux multinationales le respect des normes internationales du travail », précise l’organisation syndicale.

Gilbert Houngbo a occupé les fonctions de Premier ministre du Togo entre 2008 et 2012 au cours d’un mandat marqué par les problématiques de lutte contre les inégalités et plusieurs réformes en matière de fiscalité, d’investissements, de transparence et de facilitation des affaires. Cet ancien comptable diplômé de l’université de Québec, qui a débuté sa carrière dans l’audit et les fusions-acquisitions au sein du cabinet Price Waterhouse (aujourd’hui PwC), aura aussi été directeur des finances de la Banque centrale du Mali de 1994 à 1996 avant d’intégrer le Programme des Nations unies pour le développement (1996-2008) dont il fut notamment le directeur pour l’Afrique. L’OIT ne devrait pas non plus constituer une terra incognita pour lui, qui en fut le directeur général adjoint entre 2013 et 2017 avant de prendre la direction du Fonds international pour le développement agricole (Fida).

Partisan du multipartisme, Gilbert Houngbo a placé son futur mandat sous le sceau du développement de la protection sociale dont 4 milliards de travailleurs dans le monde ne bénéficient toujours pas. La lutte contre l’économie informelle et le développement du travail numérique figurent également à l’agenda de ses priorités.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre