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Un congé maternité qui fait débat au Royaume-Uni

Droit du travail | publié le : 09.02.2021 | Lys Zohin

Enceinte de son deuxième enfant, Suella Braverman, la procureure générale, pourra prendre six mois de congés maternité payés et reprendre ensuite ses fonctions.

Pour ce faire, le gouvernement britannique propose de réactualiser la loi concernant les congés maternité pour les membres du gouvernement. De fait, selon la législation actuelle, Suella Braverman devrait démissionner, du fait d'une clause de la loi, datant des années 1970, selon laquelle le Premier ministre n'a pas la possibilité d'assurer le salaire d'un membre de son cabinet en cas de congé maternité tout en payant celui de son remplaçant. En outre, les membres du cabinet, qui sont nommés ou démis par le Premier ministre, ne sont pas couverts par la législation garantissant un congé maternité aux salariées en général. Or l'initiative gouvernementale fait débat. Chez les parlementaires comme dans les syndicats. Les élus du parti Travailliste soutiennent l'initiative, tout en estimant qu'elle arrive bien tard, la procureure générale devant accoucher bientôt, et en regrettant que rien ne soit prévu en matière de congé paternité ni en cas d'adoption, par exemple. De leur côté, les conservateurs remarquent, d'une part, que le nouveau droit au congé maternité irait au-delà de ce que la loi prévoit pour les citoyennes dans leur ensemble, et d'autre part, ils se demandent pourquoi il ne serait appliqué qu'à certains membres du gouvernement, laissant de côté les seconds couteaux. De même, ils notent que les backbenchers – les parlementaires qui n'ont pas de charge dans le gouvernement – ne sont pas inclus non plus pour l'instant. De quoi faire dire à Frances O'Grady, la secrétaire générale de la TUC, la fédération des syndicats britanniques, que « tous les salariés devraient avoir accès à un congé parental payé, y compris les élus et les ministres. Il ne devrait pas y avoir de système à deux vitesses ».

 

 

Auteur

  • Lys Zohin