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Avec le travail à domicile, les lanceurs d'alerte se déchaînent aux États-Unis

Droit du travail | publié le : 01.02.2021 | Lys Zohin

Le travail à la maison a suscité une forte augmentation des alertes lancées par les salariés du secteur financier outre-Atlantique. 

Selon la Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse, sur l'année fiscale (s'arrêtant au 30 septembre dernier), le nombre d'alertes a grimpé de 31% par rapport à l'exercice précédent, avec près de 7.000 cas. L'augmentation est nette après mars et la mise en télétravail d'une grande partie des salariés, ce qui laisse à penser qu'il y a un lien. Les experts l'expliquent par l'isolement, qui favorise les interrogations et remet en question l'engagement des salariés, et par la liberté que procure le travail à la maison, les salariés se sentant davantage libres de dénoncer certains comportements. Enfin, il n'a jamais été aussi facile d'enregistrer une conversation que lorsqu'on est chez soi plutôt qu'au bureau... « Les institutions financières et leurs avocats sont parfaitement au fait de la recrudescence d'activité de la part des lanceurs d'alerte, d'autant que la SEC les récompense généreusement », a déclaré le professeur de droit à l'université Stanford et ancien commissaire à la SEC Joseph Grundfest à l'agence Bloomberg. De fait, les autorités boursières encouragent les lanceurs d'alerte en promettant de les rémunérer si l'enquête aboutit. Depuis le début de la pandémie, la SEC ainsi versé un total de 330 millions de dollars de récompenses, dont l'une a atteint la somme record de 114 millions de dollars, en octobre dernier, à un lanceur d'alerte dont elle protège évidemment l'anonymat. Certes, certaines enquêtes devaient avoir été entreprises à partir d'alertes datant d'avant le début de la crise sanitaire, mais il n'empêche, les fonds versés par la SEC dans ce cadre n'ont jamais été aussi élevés depuis 2012, date à laquelle elle a lancé ce programme de récompenses, dans le sillage de la crise de 2008. À cette époque, tandis que l'affaire Madoff éclatait, la réputation de la SEC avait été mise à mal. En effet, alors qu'un lanceur d'alerte l'avait informée, à plusieurs reprises, dès 1999, de la fraude organisée par Bernie Madoff, elle n'avait pas lancé d'enquête...

 

 

Auteur

  • Lys Zohin