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Vers une dette de 55,5 milliards en fin d'année pour l'Unédic

Assurance chômage | publié le : 22.10.2020 | Benjamin d'Alguerre

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Doublement touché par l'augmentation brutale du nombre de demandeurs d'emploi et par les défaillances d’entreprises qui réduisent ses ressources, le régime d’assurance-chômage s’attend à un endettement d’une ampleur inédite dans son histoire. En fin d’année, sa dette pourrait ainsi atteindre la somme record de 55,5 milliards d’euros. Elle ne s’élevait « qu’à » 36,8 milliards fin 2019. Et pour la fin 2021, elle pourrait monter à 62,5 milliards.

Depuis janvier, le solde du régime s’est dégradé de 16 milliards d’euros. En effet, le régime a dû accroître ses décaissements non seulement pour indemniser les nouveaux demandeurs d’emploi victimes des conséquences de la pandémie et du confinement (39,1 milliards), mais surtout pour prendre en charge le financement d’un tiers des mesures d’activité partielle décidées en mars dernier par le Gouvernement (10,2 milliards). En 2021, l’Unédic s’attend à devoir décaisser 3,2 milliards d’euros au titre de l’activité partielle et 38,4 milliards d’euros pour l’indemnisation du chômage du fait d’une prévision à la baisse des destructions d’emplois. Celles-ci s’élèvent cependant à 670.000 emplois au quatrième trimestre 2020, dont 420.000 donnant lieu à une indemnisation.

Dans le même temps, les recettes de l’assurance-chômage pourraient atteindre seulement 35 milliards d’euros fin 2020, du fait des destructions d’entreprises et des nombreux reports de charges dont celles-ci bénéficient pour maintenir leur trésorerie à flot. Selon les prévisions de l’Unédic, elles pourraient cependant repartir à la hausse (39,1 milliards) dès 2021.

Afin de faire face à la situation, l’Unédic a choisi d’adapter le dimensionnement de ses emprunts. Quatre émissions de « social bonds » (ces émissions d’obligations sociales de moyen terme) lui ont permis de lever 13 milliards d’euros entre mai et octobre. Les intérêts de la dette pour leur part devraient être limités à 0,3%. Quant au groupe de travail paritaire chargé d’étudier les pistes de la sécurisation financière du régime d’assurance-chômage, il devrait présenter ses scénarios au ministère du Travail dans les semaines à venir.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre