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Les syndicats demandent l’abandon de la réforme de l'assurance-chômage

ISRH | Assurance chômage | publié le : 12.06.2020 | Benjamin d'Alguerre

Le Covid-19 étant passé par là, la réforme est-elle en phase avec les besoins du pays ?

Crédit photo naka/Adobe Stock

La crise du Covid-19 a mis un coup d’arrêt à la mise en œuvre du second volet de la réforme de l’assurance-chômage. Alors que certaines de ses dispositions auraient dû rentrer en vigueur en avril (modification du calcul du salaire journalier de référence, condition d’accès à l’indemnisation durcies pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes sans emploi, dégressivité des allocations pour les salaires supérieurs à 4 500 euros, etc.), le Gouvernement avait initialement choisi de reporter leur application au mois de septembre. Les syndicats de salariés, pour leur part, préféreraient voir une annulation pure et simple de ces mesures et peut-être même de la réforme de l’assurance-chômage en son entier, jugée aujourd’hui non conforme aux besoins du pays après presque deux mois d’écroulement de l’économie provoquée par le confinement et la perte de près de 10 points de PIB. « Tout ce qui a été fait par le décret de juillet est inadapté : il faut tout abroger, sauf peut-être les moyens supplémentaires accordés à Pôle Emploi », affirme François Hommeril, président de la CFE-CGC. Pour le dirigeant de la confédération de l’encadrement, dont les troupes s’étaient montrées particulièrement hostiles à cette réforme et notamment à son volet « dégressivité des indemnités sur les hauts salaires », les prochaines décisions de l’exécutif pour l’Unédic et l’assurance-chômage seront « éclairantes » quant à la conception gouvernementale du dialogue social. 

D’une manière générale, la façon dont la négociation de 2017-2018 sur la réforme de l’assurance-chômage a été cornaquée par l’exécutif – avec un calendrier très serré et encadrée par un document d’orientation contraignant – est restée dans la gorge des syndicats. « L’État a donné la solution au problème avant même d’en présenter l’énoncé », résume Philippe Martinez, de la CGT. Un comportement autoritaire que Laurent Berger attribue, en partie, à l’incapacité des organisations syndicales à savoir se concerter en amont des négociations « pour parler d’une seule voix ». En creux, c’est la question du paritarisme dans la gestion de l’Unédic qui est posée. Alors que le régime devrait connaître un endettement record de 65 milliards d’euros en fin d’année, l’exécutif pourrait être tenté de reprendre la main seul sur l’assurance-chômage. Là-dessus, les partenaires sociaux sont partagés. Si les syndicats semblent collectivement souhaiter rester en charge du régime, des voix discordantes s’élèvent dans la partie patronale. Celle d’Alain Griset, de l’U2P, notamment : « Maintenir la gestion paritaire, pourquoi pas, mais à condition de clarifier la place des partenaires sociaux dans le régime. »

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre