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Les comptes de l'Unédic à nouveau excédentaires dès 2022

Assurance chômage | publié le : 22.10.2021 | Benjamin d'Alguerre

Patricia Ferrard (CFDT, vice-présidente de l'Unédic) et Éric Le Jaouen (Medef, président).

Crédit photo Bruno Mazodier

L'Unédic pourrait renouer avec une trésorerie excédentaire en 2022, mais sa dette post-Covid de 65 milliards ne pourrait être résorbée qu'en 2055.

La gouvernance de l’Unédic ne s’y attendait pas forcément, mais les prévisions financières annuelles du régime d’assurance-chômage prévoient que celui-ci pourrait repasser dans le vert dès l’année prochaine avec une trajectoire d’excédent estimée à 1,5 milliard d’euros en 2022 et 2,3 milliards en 2023. À condition bien sûr qu’aucun imprévu – de type nouveau confinement – ne vienne remettre les compteurs à zéro.

Comment passer des 10 milliards de déficit de 2021 à une situation à nouveau excédentaire ? Pour Éric Le Jaouen, président (Medef) du régime, l’explication se trouve dans la triple conjonction de l’embellie économique que connaît le pays depuis les mois de mai et juin qui se traduit par la reprise de l’activité des entreprises et de nouvelles créations d’emploi (et donc de cotisations), la fin des dépenses liées à la politique de "quoi qu’il en coûte" mise en place par le Gouvernement durant la crise sanitaire (notamment la prise en charge d’un tiers de l’activité partielle) et… les économies réalisées sur l’indemnisation des chômeurs depuis l’entrée en vigueur de la deuxième salve de réformes de l’assurance-chômage, notamment le nouveau calcul du salaire journalier de référence.

À elles seules, ces économies dues à la réforme représentent déjà quelques 800 millions d’euros et seront amenées se pérenniser puisque dans l’après-midi même du 22 octobre, le Conseil d’État donnait son feu vert à la mise en place de la réforme. Fin 2021, l’assurance-chômage devrait voir 378 000 allocataires indemnisés sortir de ses statistiques, augmentant de même coup ses recettes pour les années à venir. Selon les calculs de l’Unédic, elles devraient s’élever à 38,9 milliards en 2022 et 42,2 l’année suivante contre 35,2 aujourd’hui, l’une des collectes les plus basses de ces vingt dernières années.

En revanche, la dette générée par la crise (augmentation du nombre de demandeurs emplois couplée à l’obligation de payer un tiers des dépenses de chômage partiel pour des salariés sans activité) demeure abyssale et le régime devrait terminer l’année avec quelques 65 milliards d’euros à rembourser à ses créanciers. C’est presque deux milliards de moins que les chiffres annoncés en septembre (67 milliards, voir "Liaisons Sociales Magazine" n°225), mais ça reste un record dans l’histoire de l’Unédic. "Si la trajectoire financière reste sur cette tendance, nous pouvons espérer l’avoir remboursée en 2055 ou 2057", grimace Éric Le Jaouen. De quoi pousser les partenaires sociaux gestionnaires de l’assurance-chômage à réclamer à nouveau une discussion avec l’Etat afin de clarifier le financement et la gouvernance du régime. "Cette demande de clarification fait consensus parmi les organisations syndicales et patronales", rappelle le président de l’Unédic. Ne reste qu’à attendre la réponse de l’État…

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre