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100 à 150.000 faillites de TPE attendues en 2021 (Association GSC)

Protection Sociale | publié le : 03.03.2021 | Benjamin d'Alguerre

C’est une bombe à retardement qui pourrait exploser en 2021. Selon les chiffres que l’Association GSC, le régime d’assurance perte d'emploi des chefs d’entreprise, s’apprête à dévoiler la semaine prochaine, près de 100 à 150.000 entreprises individuelles pourraient connaître une défaillance. Contrecoup de la crise et des filets de sécurité financiers déployés par le Gouvernement pendant celle-ci. « En 2020, nous n’avons enregistré que 30 à 35.000 défaillances grâce aux PGE, au fonds de solidarité et aux aides aux entreprises déployées par l’État, ainsi que grâce aux consignes données à l’Urssaf de ne pas envoyer les défaillants devant les tribunaux de commerce, mais le gros de la vague est devant nous », prévient Anthony Streicher, président de l’association. En vitesse de croisière, environ 50.000 TPE ferment le rideau chaque année. En 2020, la perfusion financière de l’État a permis à nombre d’entre elles de rester à flots… mais attention à la cascade de faillites en série dès l’arrêt des aides gouvernementales. En amont de la crise, déjà, la Banque de France tirait la sonnette d’alarme sur la fragilité d’environ 100.000 TPE ne disposant que de trente jours de trésorerie d’avance. « Toutes ces problématiques vont ressurgir d’un coup », avertit Anthony Streicher.

L'ATI à 1.000 euros par mois

À ces questions de défaillances en série s’ajoute la problématique de l’absence de prise en charge de leurs dirigeants une fois la faillite prononcée. Selon les chiffres de GSC, moins de 3.000 entrepreneurs ont sollicité l’ATI, l’allocation de travailleur indépendant, après avoir mis la clé sous la porte en 2020. Et un tiers à peine ont obtenu le droit de percevoir cette allocation de 800 euros mensuels pendant six mois. La faute, selon Anthony Streicher, à un défaut d’information à tous les niveaux. « Ni les CCI, ni les CMA, ni les greffes des tribunaux de commerce, ni les avocats, ni les experts-comptables ne se soucient d’informer les patrons de TPE sur leurs droits ! C’est non seulement un déni d’information, mais même, dans certaines situations, un défaut d’assistance à personne en danger », s’agace-t-il. L’association GSC vient de lancer une adresse aux pouvoirs publics pour une meilleure information des candidats à la création d’entreprise. Ainsi que pour une revalorisation de l’ATI. Aujourd’hui de 800 euros par mois, l’allocation pourrait être augmentée pour atteindre temporairement 1.000 euros le temps de la fin de crise. « Derrière un Siret, il y a des hommes et des femmes : il faut en tenir compte. »

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre