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Londres veut inciter les entreprises à mettre en place des modes de travail flexibles après la pandémie

Organisation du travail | publié le : 03.05.2021 | Lys Zohin

Avant la levée des dernières restrictions liées à la pandémie, le 21 juin, y compris l'obligation de faire télétravailler tous les salariés qui le peuvent, le gouvernement britannique s'apprête à publier des recommandations issues d'un groupe de travail ad hoc, dans le but de soutenir l'émergence de nouvelles formes de travail hybride. Selon Peter Cheese, directeur général du Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD), qui co-préside la taskforce, la pandémie a démontré que les salariés peuvent travailler de façon productive en dehors des lieux traditionnels. En effet, 71 % des entreprises rapportent que le télétravail a dynamisé la productivité ou n'a eu aucun impact négatif. « Ce sera l'occasion de faire évoluer les modes de travail, qui n'ont pratiquement pas bougé depuis des générations, a-t-il déclaré, et cela permettra une plus grande participation au marché de l'emploi, sans oublier l'amélioration du bien-être au travail. » La taskforce réfléchit en outre à la nécessité de faire évoluer les contrats de travail pour permettre davantage de flexibilité et de travail hybride. La confédération des syndicats, la TUC, qui participe également à la taskforce, a cependant émis des réserves. Sa représentante, Sue Coe, s'inquiète que les nouveaux modes de travail soient réservés aux salariés qualifiés qui travaillent dans les bureaux. « Nous serons vigilants afin qu'il n'y ait pas, in fine, deux statuts différents. La flexibilité doit s'adresser à tous », a-t-elle déclaré. De fait, une enquête du CIPD montre que 44 % des salariés n'ont jamais pu travailler de chez eux durant la pandémie et seuls 30 % des employeurs ont l'intention d'introduire des modes de travail plus flexibles dans les six à douze mois qui viennent. Le groupe ad hoc pourrait recommander que toute nouvelle recrue ait le droit de demander la flexibilité dès son arrivée, au lieu d'attendre, comme c'est le cas actuellement, 26 semaines. En outre, il réfléchit à la mise en place obligatoire d'un reporting, de la part des entreprises, sur la flexibilité mise en œuvre. Alors que le droit à demander la flexibilité a été étendu, en 2014, à tous les salariés, seul un quart en profite. La taskforce souhaite donc d'abord plus de transparence, mais la TUC va plus loin, en proposant que toutes les annonces de postes incluent la flexibilité. Une façon, selon Sue Coe, « de la généraliser, au lieu d'avoir des salariés qui doivent plaider auprès de leur manager pour l'obtenir ». 


 

Auteur

  • Lys Zohin