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« Le travail à temps partagé permet de gagner en flexibilité, en expertise et en trésorerie » (David Bibard, fondateur du Portail du temps partagé)

ISRH | Organisation du travail | publié le : 12.10.2020 | Nathalie Tran

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David Bibard, fondateur du Portail du temps partagé. GROUPE FINAXIM - Comité réseau Paris - 14 juin 2018 Le Loft Bastille - 6 cité de la Roquette - 75011 Paris

Crédit photo A.daSilva/Graphix-Images

La douzième semaine nationale du temps partagé se tient jusqu'au 17 octobre partout en France, avec de nombreuses rencontres pour faire découvrir ce mode de travail, qui connaît un véritable engouement, selon David Bibard, le fondateur du Portail du temps partagé. 

Que représente le travail à temps partagé aujourd’hui ?

David Bilbard : En France, le travail à temps partagé a 35 ans. Il s’est développé au départ avec les groupements employeurs du secteur agricole, mais il se répand à présent dans tous les secteurs (finance, informatique, RH, marketing, communication, achats…) et sur tout le territoire. Pour une PME, il offre l’opportunité d’accéder aux compétences d’un professionnel quelques jours par semaine ou par mois, au gré de ses besoins, sur la durée. En février 2018, on comptait 430.000 professionnels à temps partagé au service des entreprises, travaillant en tant que salariés, indépendants, ou pour des groupements d’employeurs. La tendance de fond est là. L’engouement pour ce mode de travail ne se dément pas et devrait s’accentuer dans les années qui viennent. Depuis quatre ans environ, on voit, avec le Portail du temps partagé, de plus en plus de gens s’y intéresser, et des personnes de plus en plus jeunes. Historiquement les professionnels en temps partagé, surtout sur les fonctions cadre, étaient plutôt des personnes qui géraient leur dernier plan de carrière. Aujourd’hui, la moyenne d’âge se situe autour de 45-50 ans.

Pourquoi le travail à temps partagé se développe-t-il actuellement ?
D.B. :
Le développement du digital en France, avec les réseaux sociaux, a permis au travail à temps partagé de prendre son essor. Le Portail du temps partagé a été une vitrine des différentes initiatives qui fonctionnaient bien, ça a donné un écho et créé une forte émulation. Si ce mode de travail se développe, c’est aussi parce que les entreprises ont un besoin d’une expertise de plus en plus poussée. Les PME, TPE, voire filiales de grands groupes, ont besoin, comme une grande entreprise, d’un DRH, car le droit du travail en France est compliqué, ou d’un informaticien pour mettre en place le télétravail et assurer la sécurité informatique... Mais, soit elles n’ont pas le budget, soit elles n’ont pas la charge de travail et n’ont donc pas besoin de quelqu’un à plein temps. La force du temps partagé est là. Il permet aux entreprises de gagner en flexibilité, en expertise et en trésorerie. Quant aux professionnels à temps partagé, ils gagent en autonomie et en équilibre vie professionnelle/vie privée. Les missions se déroulent dans des environnements et des secteurs professionnels très variés, ce qui permet de multiplier les rencontres et les expériences, et donc d'enrichir son réseau ainsi que sa palette de compétences.

La crise a-t-elle eu un impact sur le travail à temps partagé ?

D.B. : Tout dépend du métier exercé. Un professionnel qui travaille dans la restauration ou l’événementiel a forcément subi la crise de plein fouet. Au contraire, les DRH, les DAF, et toutes les autres fonctions support qui ont aidé les entreprises à passer ce cap, ont été en très forte activité. Cela a été le cas dans le domaine informatique quand il a fallu mettre en place le télétravail dans les PME. Pour ma part, en tant que contrôleur de gestion à temps partagé, j’ai connu en 2020 un pic d’activité.

Auteur

  • Nathalie Tran