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Le télétravail, synonyme de plus de flexibilité pour plus de productivité

ISRH | Organisation du travail | publié le : 01.07.2020 | Lys Zohin

64 % des collaborateurs estiment que leurs supérieurs hiérarchiques devraient se concentrer davantage sur la qualité des résultats que sur le temps passé à effectuer les tâches.

Crédit photo SFIO CRACHO/Adobe Stock

Le cabinet international Robert Walters a mené une enquête auprès de 2 000 entreprises internationales afin d’avoir une meilleure idée de ce que pourrait être « le monde d’après », du point de vue de l’organisation du travail. Parmi les enseignements clés, la flexibilité due à la mise en place – souvent à marche forcée – du télétravail a eu pour résultat une augmentation de la productivité. En effet, si 23 % des collaborateurs interrogés ont déclaré avoir été moins productifs dans le travail à distance, 32 % ont estimé que leur productivité avait été la même et 45 % indiquent qu’ils ont fait plus de chez eux. À cet égard, les Français se distinguent : 76 % d’entre eux affirment avoir été autant ou plus productifs pendant la période de télétravail prolongé. Chez les Allemands, 80 % des collaborateurs considèrent avoir été autant, voire plus productifs pendant cette période. Un sentiment confirmé par l’employeur en général, puisque 78 % des répondants de cette catégorie estiment, à l’échelle mondiale (et 77 % des entreprises françaises) que la productivité de leurs collaborateurs a été identique ou supérieure à la normale pendant le confinement. Conséquence de cette situation, 88 % des salariés indiquent qu’ils apprécieraient à l’avenir une approche plus flexible de la part de leur employeur sur le télétravail (même pour travailler à la maison quelques jours par semaine seulement, pour 40 % des personnes interrogées). En retour, 86 % des organisations interrogées par Robert Walters affirment que la flexibilité est déjà en place ou le sera dans le sillage de la crise sanitaire. Là encore, les Français se distinguent : 58 % d’entre eux souhaitent garder un rythme de télétravail fréquent, c’est-à-dire au moins une fois par semaine. C’est plus qu’en Belgique, au Portugal (53 %), en Allemagne, en Irlande (46 %) et aux Pays-Bas (45 %). Toutefois, les collaborateurs français ne sont que 16 % à vouloir garder « un rythme soutenu de home office », autrement dit, travailler tous les jours de chez eux, avec des visites ponctuelles dans l’entreprise. Un phénomène que les enquêteurs de Robert Walters expliquent par le fait que les Français semblent, plus que les autres, « privilégier le lien social apporté par l’environnement de bureau et la proximité physique avec les collègues. » Autre enseignement, logique, de cette enquête, compte tenu des données concernant le télétravail : 37 % des entreprises sondées envisagent de réduire leurs espaces de travail.

Au chapitre du management, au niveau mondial, 64 % des collaborateurs estiment que leurs supérieurs hiérarchiques devraient se concentrer davantage sur la qualité des résultats que sur le temps passé à effectuer les tâches. L’enquête montre que pendant le confinement, 72 % des managers mesuraient la productivité des équipes sur le volume produit, tandis que 48 % utilisaient la méthode encore plus traditionnelle du nombre d’heures effectuées. Et alors que 59 % des salariés jugent que leur manager ou la direction de l’entreprise misent avant tout sur des modes de fonctionnement traditionnels, ils demandent du changement. Ainsi, 46 % des cadres français estiment que le premier élément sur lequel les entreprises vont devoir évoluer après la crise est l’autonomie et la confiance accordée par le management, de même que l’agilité et la rapidité dans la prise de décision (42 %). La France est d’ailleurs le premier pays d’Europe à penser que ces éléments font partie des plus importants à changer après la crise. Quant aux organisations, elles reconnaissent, à l’échelle de l’échantillon mondial, la nécessité, pour les équipes dirigeantes, de développer de nouvelles compétences, comme une plus grande empathie (67 %) sur la question de l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle et une meilleure communication (55 %), tandis que 45 % estiment que leurs leaders devraient sortir du mode « top down » pour adopter une approche plus collaborative. Toutefois, côté entreprises, en France, l’évolution des techniques managériales (39 %) et l’efficacité dans la prise de décision (28 %) arrivent derrière deux autres priorités mises en avant par les directions : l’acquisition de technologies pour limiter les déplacements professionnels (49 %) et les investissements digitaux (41 %).

 

Auteur

  • Lys Zohin