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Le télétravail progresse lentement dans les banques, les assurances et le conseil

Organisation du travail | publié le : 01.03.2021 | Gilmar Sequeira Martins

Le  télétravail progresse lentement dans les banques, les assurances et le conseil

Le  télétravail progresse lentement dans les banques, les assurances et le conseil

Crédit photo tanaonte - stock.adobe.com

Une progression de… 1 point. C’est, de sources syndicales, la progression du recours au télétravail enregistré par le ministère du Travail entre le début et la fin du mois de février dans les branches des assurances, de la banque et des bureaux d’études. Leurs représentants syndicaux et patronaux avaient été invités à une visioconférence le 8 février par Élisabeth Borne afin de les inciter à augmenter la part de salariés en télétravail. Un second point, prévu initialement le 22 février puis décalé au 26 février, devait permettre de constater les progrès réalisés grâce à des enquêtes « flash » de la Dares. Le taux de salariés en télétravail serait ainsi passé de 36% à… 37%. Le bilan plutôt modeste.

Les banques mutualistes, dont les représentants n’avaient pas été conviés lors de la première réunion du 8 février, ont fait l’objet d’une série de mises en demeure par l’inspection du travail qui a mené plus de 15000 contrôles sur la question de la mise en œuvre du travail. Selon des sources proches des organisations professionnelles, leur faible taux de recours au télétravail tient avant tout à leur « mission de proximité » qui les contraint à laisser ouvertes leurs agences pour ne pas pénaliser un public parfois fragile. Sans surprise, les organisations de salariés défendent un point de vue différent. Selon Luc Mathieu, secrétaire générale de la CFDT banque-assurance, une autre pratique est possible, y compris dans les petites agences bancaires avec « une ouverture alternée entre agences qui sont proches les unes des autres ». Il rappelle que ces pratiques ont eu cours durant le premier confinement. Depuis, le climat a semble-t-il changé. « Le souci, c'est que les organisations patronales refusent que l'organisation du travail entre dans le champ du dialogue social », résume Luc Mathieu.

Une difficulté similaire semble se poser dans la branche des cabinets d’études où les organisations patronales, Syntec et Cinov, ont refusé fin février la demande des organisations syndicales d’ouvrir des négociations sur le télétravail. Une attitude que Marie Buard, secrétaire nationale de la CFDT-F3C (communication, conseil, culture), estime contre-productive : « Les organisations patronales veulent surtout éviter d’aborder la question de l’équipement des salariés en télétravail et des frais qu’engagent les salariés en télétravail. La question n’est pas si compliquée puisqu’il existe déjà un barème Urssaf. » Elle rappelle l’intérêt pour les entreprises de disposer d’accords de branche : « Ils incitent les entreprises à conclure des accords ou à élaborer des notes internes. Cela aurait aussi le mérite de sécuriser l’activité des TPE-PME qui n’ont pas les moyens de traiter cette question. »

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins