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Plus d'un tiers des Français préfèreraient travailler plus pour gagner plus

Durée du travail | publié le : 02.10.2020 | Lys Zohin

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Selon l'étude Workforce View 2020, menée par ADP, spécialiste de la gestion du capital humain, auprès de plus de 32400 salariés (dont 1 916 Français), dans 17 pays entre le 29 octobre 2019 et le 6 janvier 2020, plus d'un tiers des salariés français (34 %) opteraient pour davantage d'heures ou de jours de travail par semaine pour un salaire plus élevé, si un tel choix était possible. C'est le taux le plus élevé parmi les huit pays européens étudiés, et le deuxième au niveau mondial (juste derrière la Chine, à 35 %). Les Français de 25 à 34 ans seraient les plus favorables à travailler plus pour un meilleur salaire, contrairement aux seniors de plus de 55 ans, qui sont largement favorables au statu quo en matière d'horaires et de rémunération (51 %). En parallèle, 21 % des salariés français interrogés choisiraient, au salaire habituel, une semaine réduite avec des journées de travail plus longues, tandis que seuls 6 % opteraient pour une semaine raccourcie avec un salaire moindre. Panorama différent outre-Rhin, par exemple, où 12 % des salariés seraient prêts à travailler moins de jours par semaine en gagnant moins... C'est le taux le plus élevé en Europe (deux fois plus de répondants favorables qu'en France).

Les résultats de l'étude ADP mettent également en lumière la question des heures supplémentaires non rémunérées. Ainsi, en France, les salariés sont 56 % à effectuer en moyenne près de 5 heures (4h39) par semaine sans être payés – un répondant sur dix disant même travailler plus de 10 heures par semaine gratuitement… Ce sont les salariés du secteur de l'immobilier (56 %) et des médias (55 %) qui se distinguent en travaillant plus de six heures supplémentaires par semaine non payées. Aucune distinction n'est observée dans l'étude d'ADP en ce qui concerne la taille des entreprises concernées. Ailleurs en Europe, cette pratique est également très répandue, notamment aux Pays-Bas, où 23% des salariés disent travailler gratuitement au moins 10 heures supplémentaires par semaine, soit plus du double que dans les autres pays européens.

Enfin, si la semaine de quatre jours est prônée, par exemple en Allemagne, par le syndicat IG Metall comme solution pour limiter les suppressions d'emplois et relancer l'économie, « plus largement, c'est toute la question de l'organisation et du temps de travail qui doit être repensée », estime Carlos Fontelas De Carvalho, président d'ADP en France et en Suisse, dans le sillage de l'enquête. La période de confinement due à la crise sanitaire, suivie de la crise économique, « a apporté des réflexions nouvelles pour les employeurs et les salariés quant à la gestion du stress, de l'équilibre entre le travail et la vie privée et de l'importance du lien social. Elles doivent se poursuivre », ajoute-t-il.

 

 

Auteur

  • Lys Zohin