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Les patrons de sans-papiers dans l’impasse

Liaisons Sociales Magazine, février 2010 | Management | publié le : 05.02.2010 |

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Accompagner les régularisations, licencier les salariés, les maintenir dans l’emploi… ? Face à des grèves répétées et à une réglementation floue,
les employeurs sont désemparés.

 

Un « total désarroi », voilà le sentiment qui a saisi ce patron de PME lorsqu’une vingtaine de sa­lariés lui ont déclaré, fin 2009, que leurs papiers étaient faux. « C’est le même phénomène que la grippe A, commente-t-il. Il y a des ragots à la pelle et une grande médiatisation des manifestations, l’occupation de sociétés. Ça génère beaucoup de peurs, sans que l’on sache s’il faut licencier ou pas, accompagner ou pas les demandes de régularisation. Quoi qu’on fasse, on craint de mettre la main dans un engrenage qui nous échappe et que l’entreprise en pâtisse. » Une inquiétude partagée par une majorité de petits employeurs face à un mouvement qui dure depuis le printemps 2008.


Bras de fer

Relancée mi-octobre pour exiger une unifor­misation de l’attitude des préfectures vis-à-vis des demandes de régularisation, la grève de 4 000 travailleurs étrangers sans titre de séjour de 1 200 entreprises, du très chic café Costes aux chantiers boueux de Bouygues, n’a pas faibli, malgré la publication, fin novembre, d’une seconde circulaire sur la régularisation par le travail.


Pas de quoi convaincre les leaders syndicaux du mouvement porté par la CGT et soutenu par la CFDT, la FSU et l’Unsa. « Cette circulaire ne mentionne que des principes vagues : les pré­cisions sont inscrites dans une synthèse des bonnes pratiques sans statut juridique. Et elle ne limite pas l’arbitraire, les préfets conservant une grande latitude d’appréciation », martèlent Raymond Chauveau et Francine Blanche, de la CGT. D’où la poursuite, mi-janvier, du bras de fer avec, cette fois, quelque 6 000 grévistes de 2 100 entreprises du bâtiment, de ­l’hôtellerie-restauration, du nettoyage ou de l’intérim.

 

Silence patronal

Inutile, pour les employeurs concernés, d’attendre un mot d’ordre des fédérations professionnelles, qui se contentent de rappeler à leurs adhérents les sanctions applicables en cas d’emploi de travailleurs étrangers en situation irrégulière (15 000 euros d’amende et cinq ans de prison). Elles ont fait long feu les déclarations, au printemps 2008, d’un André Daguin, alors patron d’une des principales fédérations de l’hôtellerie-restauration (l’Umih), en faveur d’une régularisation des travailleurs sans papiers embauchés avant juillet 2007 et avant le changement de réglementation – les employeurs étant obligés, depuis, de s’assurer auprès des préfectures de l’authenticité des papiers des nouveaux embauchés étrangers.


« Si on veut faire avancer les intérêts professionnels, mieux vaut le faire en sous-main, et en adoptant la fameuse stratégie gouvernementale du cas par cas », rétorque une autre fédération. Leurs spin doctors, d’ailleurs, découragent toute velléité de communication au motif, explique un patron de l’intérim, que « les journalistes prennent d’emblée la défense des travailleurs sans papiers ».
(…)

Lire l'article intégral en pdf : "Les patrons de sans-papiers dans l’impasse"

 

 

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