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Euro 2016 : Les entreprises prennent la balle au bond

Entreprise & Carrières | Management | publié le : 07.06.2016 | Thierry Butzbach

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Pendant un mois à dater de ce week-end, le foot sera roi. Si le calendrier
du championnat d'Europe 2016 ne perturbera pas fortement l’organisation
au travail, beaucoup d’entreprises en profitent pour organiser des événements internes destinés à souder les équipes.

En France comme ailleurs, la vie s’arrête lorsque l’équipe nationale de football dispute un match décisif. Ce sera encore le cas lors du prochain championnat d’Europe de football, qui aura lieu du 10 juin au 10 juillet. D’autant que l’événement se déroule en France pour la première fois depuis 1984.
Pour les entreprises, il paraît difficile d’empêcher des millions d’adeptes du ballon rond de regarder les matchs. Y compris pendant les heures de travail. « En règle générale, il est interdit à un salarié de vaquer à ses occupations personnelles durant son temps de travail effectif. C’est une faute contractuelle pouvant être sanctionnée par l’employeur », rappelle pourtant Audrey Leguay, avocate intervenant dans le domaine du droit du travail. Reste qu’il ne sera pas facile de traquer ceux qui regarderont discrètement les rencontres depuis leur smartphone…

Heureusement, l’organisateur a bien fait les choses (les enjeux publicitaires l’obligent sans doute à garantir une audience maximale) : sur toute la compétition, seulement trois matchs du premier tour se dérouleront en semaine à 15 heures (lundi 13, jeudi 16 et vendredi 17 juin). Mieux : durant cette phase qualificative, tous les matchs de l’équipe de France sont prévus à 21 heures. À partir des huitièmes de finales, les rencontres sont programmées à 18 heures et 21 heures. Et dès les quarts de finales, les matchs se dérouleront exclusivement en soirée. Pas de danger, donc, que le personnel soit aux abonnés absents pendant 90 minutes, même si les Bleus se hissent au sommet.

Suspensions d’activité
. Plutôt que de frustrer leurs salariés, certaines entreprises ont néanmoins choisi de suspendre leur activité le temps des matchs. C’est notamment le cas de Coca-Cola, particulièrement investi dans l’événement comme sponsor. Alors qu’elles fonctionnent en 3 x 8, avec des cadences qui seront de fait plus soutenues, les cinq usines de Coca-Cola Entreprise implantées en France (2 600 salariés, dont 600 commerciaux) seront mises à l’arrêt pendant trois heures pour permettre au personnel de visionner tous les matchs de l’équipe de France dans un local aménagé pour l’occasion. Tout comme au siège (600 salariés), où un grand écran sera installé dans la salle de restaurant.

« Nous voulons que les salariés vivent l’événement dans sa globalité. En en prenant toute la mesure, ils comprendront mieux les efforts qu’on leur demande, avance un porte-parole de l’entreprise. De toute façon, nous savons que la baisse de régime sera inévitable. Mais nous faisons le pari qu’ils seront tellement contents d’avoir pu voir les matchs qu’ils rattraperont ensuite le temps perdu. » L’organisme de formations digitales E-Consulting RH a même pensé à ses clients : « Nous avons décidé d’inclure la thématique du foot dans nos interventions en tenant compte du calendrier de l’Euro, plutôt que de prendre le risque de perdre 50 % de nos stagiaires », explique Frédéric Laurent, directeur associé.

Une saine émulation.
Sans aller jusqu’à réaménager le temps de travail, la plupart des entreprises ont décidé de tirer parti de l’engouement que suscitera l’Euro 2016. Pour éviter que leurs salariés ne s’éclipsent tôt les jours de matchs, elles surfent sur l’événement en organisant diverses animations destinées à intégrer les nouvelles recrues, fédérer les équipes, fidéliser les collaborateurs et créer une saine émulation. Et aussi à se doter d’une image sympathique. Du tournoi de baby-foot au concours de pronostics, la démarche concerne aussi bien les grands groupes, tel Danone, que les petites start-up comme Iadvize (plate-forme de commerce conversationnel). Chez LemonWay (70 salariés), une distribution de drapeaux, de maillots et de kits de maquillage est prévue avec des “apéros-pizzas” devant un grand écran à la cantine. Chacun est invité à se grimer aux couleurs de son équipe préférée.

« Offrir un cadre convivial pour vivre l’Euro dans l’entreprise est très important, insiste Victor Mertz, responsable marketing et communication de l’éditeur de solutions de paiement en ligne. Nous recrutons beaucoup et ces rendez-vous seront une bonne occasion d’intégrer les nouveaux collaborateurs et de renforcer les liens entre les salariés dans une ambiance informelle et conviviale. C’est aussi un moyen de fidéliser les talents dans un secteur particulièrement compétitif. »

De son côté, le spécialiste de l’hébergement Internet OVH (1 300 salariés dont 800 à Roubaix, 200 dans sept autres sites en France et 300 dans sept pays) joue sur plusieurs tableaux : « Pour tous les matchs de l’équipe de France, l’objectif est de fédérer les équipes en invitant les personnes à rester en soirée pour regarder la rencontre devant un écran géant installé dans la salle de sport de notre siège, avec un barbecue. À partir des huitièmes de finale, nous souhaitons rapprocher les équipes internationales en vivant ensemble les matchs par un système de visioconférence, où chaque équipe verra en direct les réactions de l’autre », détaille Antoine Tison, le DRH.

Moments d’échange.
Même démarche pour la division Atlantique de Sopra Steria (1 200 personnes), qui a investi 5 000 euros pour proposer un concours interne de pronostics s’appuyant sur la solution Corporico (lire Entreprise & Carrières n° 1283), prétexte à la création de moments d’échange et de partage. « On sait que tout le monde en fait, alors autant les organiser nous-même avec une plate-forme à nos couleurs pour améliorer l’ambiance interne et favoriser les rapports entre collaborateurs. D’autant que les pronostics peuvent être à la fois individuels et par équipes. Il va y avoir une saine émulation », prédit Amaury Tenant de La Tour, le DRH.

Plus de 50 entreprises représentant 100 000 salariés auraient d’ailleurs déployé cette solu-
tion, bien plus interactive qu’une simple feuille Excel (on peut modifier ses pronostics jusqu’au coup d’envoi du match). Dont l’entreprise Sixt, qui s’en servira pour animer son réseau de 200 agences en rapprochant les collaborateurs de façon virtuelle : « La plate-forme inclut un mur de discussion où chacun pourra chatter en direct pour fanfaronner et se moquer des autres dans une ambiance fun et bon enfant », augure Christophe Weber, de la direction marketing du loueur de voitures, adepte du team building.

En plus de fédérer les équipes autour des valeurs du sport, l’Euro 2016 représente donc une opportunité de travailler sa mar­que employeur. Une façon originale et sans doute moins coûteuse qu’une autre de promouvoir l’image de l’entreprise auprès des salariés et des candidats. Permettre aux collaborateurs de suivre les matchs dans de bonnes conditions vise à instaurer une dynamique qui rejaillira sur les résultats du travail de chacun. Et si l’équipe de France brille, chacun en profitera.

Tags

euro football, sport et travail

Auteur

  • Thierry Butzbach