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Charge de travail, un chantier impératif

Liaisons Sociales Magazine | Management | publié le : 20.04.2017 | Nicolas Lagrange

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Crédit photo Rémy Brieuc

Développement des pratiques collaboratives, promotion de l’autonomie, recherche d’un meilleur équilibre des temps (professionnel et personnel), montée en puissance du télétravail, multiplication des actions de QVT…

Tout semble mis en œuvre, dans de nombreuses entreprises, pour réduire les contraintes pesant sur les individus et améliorer ainsi le bien-être au travail. Hélas, sans grand résultat !

Les études convergent pour attester d’un accroissement continu de la charge de travail, tant physique que cognitive, en particulier ces dernières années. Une surcharge souvent structurelle, qui peut susciter fatigue, irritabilité, stress, arrêts de travail, burn-out…

Autant de conséquences néfastes pour les individus, mais aussi pour la performance sociale et financière des entreprises, en termes de motivation, d’engagement et de résultats.

L’évaluation et la régulation de la charge de travail, jusque-là peu, voire pas appréhendées, deviennent une absolue nécessité pour les entreprises, soumises de surcroît à une obligation de moyens renforcée en matière de santé au travail.

Mais mesurer cette charge relève de la gageure dans un environnement marqué par le développement de nouvelles formes de travail : à distance, en mode projet démultiplié, sous un format collaboratif voire responsabilisant, avec des tâches reformatées par le digital… sans oublier les activités hors temps de travail.

« La notion de charge de travail dans ses contours actuels déconcerte les RH, car elle se substitue à la dimension temps de travail, plus facile à cerner », reconnaît Jean-Christophe Debande, juriste et directeur de projets RH à Entreprise & Personnel.

Pour autant, plusieurs méthodes permettent de mieux objectiver la charge de travail. Quant aux leviers de régulation, ils sont nombreux et méritent d’être considérés dans une approche globale.

« Il faut tordre le cou à une idée reçue : la robotisation ne réduit pas forcément la charge de travail, assure Jean-Pierre Brun, fondateur associé du cabinet Empreinte humaine. Dans le secteur automobile, par exemple, il faut approvisionner les robots avec une grosse quantité de pièces, prendre en charge l’entretien et la réparation. »

Si la charge de travail augmente, c’est aussi parce que les « temps gris tendent à disparaître, ajoute Martine Keryer, médecin du travail et secrétaire nationale CFE-CGC. Il s’agit notamment des pauses-café, des échanges informels, des temps de déplacement des salariés dans les ateliers, qui permettaient une détente musculaire…

Bref, des moments non directement productifs que les démarches « lean » ont souvent supprimés. »

Auteur

  • Nicolas Lagrange