Chez Orange, la part variable liée au baromètre social

L’humeur des salariés va-t-elle encore impacter à la baisse les salaires des cadres d’Orange ? Depuis 2017, le mode de calcul de la part variable managériale (PVM), qui peut représenter de 10 à 30 % de leur rémunération totale, prend en compte les résultats du baromètre social. Cette année, selon la CFE-CGC, les cadres ont ainsi subi une diminution de leur part variable de 150 à 200 euros. Son président, Sébastien Crozier, y voit le résultat d’une politique délibérée : « Les résultats du baromètre social 2018 n’ont pas été à la hauteur des objectifs fixés par la DRH. » En mars, la CFE-CGC avait adressé une lettre à la DRH afin que les résultats du baromètre social soient exclus du mode de calcul de la PVM. « Nous n’avons, à ce jour, reçu aucune réponse », indique Sébastien Crozier.

Pour débloquer la situation, la CFE-CGC va lancer une action de communication durant la campagne de recueil d’informations destinée à nourrir le baromètre social 2019, fin novembre. But de l’opération : « Inciter les salariés à répondre que tout va bien » afin, selon Sébastien Crozier, « de décrédibiliser ce baromètre qui est désormais une opération de communication destinée à valoriser la DRH ». Le mouvement sera-t-il suivi ? La CFE-CGC estime que les conditions sont réunies. « Après l’impact enregistré en 2019 sur leur PVM, [les cadres] vont être tentés de répondre que tout va bien et pousser tous ceux qui sont autour d’eux à faire de même », estime Sébastien Crozier, qui déplore le détournement du baromètre. Lancé par Bruno Mettling, DRH de France Telecom de 2010 à 2015, il devait identifier les dysfonctionnements après la vague de suicides qui avait ébranlé l’entreprise en 2008 et en 2009.