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L'Institut Montaigne préconise d'augmenter la durée du travail

ISRH | GRH - Gestion des ressources humaines | publié le : 06.05.2020 | Benjamin d'Alguerre

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Suppression du jeudi de l’Ascension comme jour férié et de la première semaine des vacances scolaires de la Toussaint 2020 ; diminution (provisoire) du nombre de RTT dans la fonction publique ; paiement différé des heures supplémentaires ; développement de la formation hors temps de travail, même si elle figure au plan de développement des compétences des entreprises… telle est la thérapie de choc proposée par l’Institut Montaigne pour redresser l’économie après la crise. Dans une note publiée le 5 mai, le think tank d’obédience libérale propose, sous la plume de Bertrand Martinot, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy et ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle, neuf idées pour permettre à l’économie de rebondir après le Covid-19. Avec une ligne directrice : « une nécessaire augmentation de la durée du travail » afin de « compenser partiellement la perte de productivité liée aux mesures de protection contre le virus et la désorganisation provisoire de la chaîne de productivité », explique l’auteur.

Et dans ce combat, tous sont appelés au front, salariés du privé, comme ceux du public : « Si notre pays doit s’engager dans un accroissement global du temps de travail pour redresser notre économie, c’est en fait l’ensemble de la population active qui doit être concernée. Les écoles et les crèches publiques doivent être ouvertes plus longtemps, la durée des congés scolaires légèrement diminuer. C’est l’ensemble des rythmes sociaux du pays qui devrait être légèrement modifié pour pouvoir autoriser cet effort collectif et faire en sorte qu’il soit à la fois socialement acceptable et économiquement efficace. »

L’idée d’une hausse exceptionnelle du temps de travail n’est pas nouvelle. Geoffroy Roux de Bézieux avait déjà lancé un ballon d’essai en ce sens en avril dernier, mais le président du Medef avait dû prudemment rétropédaler face à la levée de boucliers qu’il avait provoquée. Mais manifestement, l’idée fait encore son chemin dans certains cercles proches du patronat. 

Parmi les pistes de réflexion proposées par l’Institut Montaigne figurent quelques propositions allant dans le sens d’un assouplissement des règles du travail qui figuraient déjà dans l’ouvrage « Un autre droit du travail est possible » (2016), coécrit par Bertrand Martinot et Frank Morel, aujourd’hui conseiller social d’Édouard Philippe, et déjà publié par le think tank. Notamment l’autorisation de négocier les règles relatives au temps de repos directement au niveau de l’entreprise, le rachat de RTT par l’employeur (jusqu’en 2022 dans le cas présent), la dérogation au temps minimum de repos quotidien ou le relèvement provisoire des temps de travail quotidiens et hebdomadaires à titre exceptionnel (ici, jusqu’à 10 heures par jour et 48 heures par semaine). D’autres propositions, en revanche, sont directement liées à la crise du coronavirus, tels la rémunération différée des dépassements d’horaire exceptionnels (qui pourrait être intégrée à des dispositifs d’intéressement, de participation ou de rachat de RTT), la mensualisation ou l’annualisation du temps de travail pour la fonction publique, ou le développement du forfait-jour dans la fonction publique. 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre