Vers un index femmes-hommes dans les filières scientifiques ?

Alors que les "Stem" (Science, Technology, Engineering, Mathematics) sont au cœur de la transformation des métiers de demain, les femmes restent encore sous-représentées dans ces filières. En France, la situation est d’autant plus préoccupante qu’une baisse de 11% du nombre de femmes dans les emplois de haute technologie a été observée entre 2013 et 2018, alors qu’au niveau européen, leur présence dans ces secteurs a augmenté de 14% à la même période. « Il est crucial que les femmes aient les mêmes opportunités, les mêmes atouts, les mêmes compétences et les mêmes expertises que les hommes pour concevoir ces métiers d’avenir et en bénéficier pleinement. Il s’agit d’une question de justice, d’équité, mais aussi de performance économique », s’émeut Chiara Corazza, directrice générale du Women’s Forum et auteur d’un rapport remis au Gouvernement, le 5 février, pour renforcer la présence des femmes dans les Stem.

Parmi les 27 pistes explorées, une vingtaine sont axées autour de l’éducation, le changement devant s’opérer dès les premières années de scolarité. Néanmoins, il s'avère que plus de la moitié des femmes (53%) qui commencent leur vie professionnelle dans la Tech se dirigent ensuite vers d’autres secteurs (contre 31% des hommes) en raison d’un faible soutien managérial, d’un manque d’opportunités de carrières, d’un mauvais équilibre des temps de vie ainsi que d’un environnement parfois perçu comme “hostile”. Pour favoriser la carrière des femmes dans les Stem, le rapport, commandé dans le cadre de la préparation du projet de loi sur l’émancipation économique des femmes, préconise de créer, au sein des secteurs publics et privés, un environnement qui permette de concilier une carrière professionnelle avec une vie personnelle et de rendre obligatoire le congé paternité de 11 jours, dont 2 jours dans la période juste avant l’accouchement. Chiara Corazza propose également de développer des indicateurs de mixité femmes-hommes à tous les niveaux dans les entreprises et administrations publiques et d’imposer leur publication d’ici 2025 dans les rapports annuels. Cette transparence des données pourrait prendre effet en 2025 pour les entreprises de plus de 1 000 salariés et à l’horizon 2030 pour les autres. Enfin, elle suggère de transposer l’Index Pénicaud à la fonction publique, et notamment dans les domaines des Stem. Elle recommande enfin d’introduire, d’ici 2025, un quota de 30% de femmes Stem dans les conseils d’administration (CA) et d’ici 2030, un quota de 30% de femmes Stem dans les conseils exécutifs (Comex).