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Métiers en tension : le CESE identifie 20 pistes pour faciliter les recrutements

Emploi & mobilité | publié le : 12.01.2022 | Benjamin d'Alguerre

CESE métiers en tension

Le CESE vient de rendre son rapport sur les métiers en tension. La commission travail et emploi du Conseil qui a planché sur le renforcement de l’attractivité de ces emplois y liste 20 préconisations associant politiques volontaristes sur les salaires, dispositions en faveur de la mobilité et du logement et lutte contre les stéréotypes de genre au travail.

Cadres en informatique, aides à domicile et aides ménagères, conducteurs routiers, ingénieurs dans l’industrie, ouvriers non-qualifiés, serveurs… La forte reprise de l’activité de ces derniers mois associée au rattrapage économique post-confinements a remis un coup de projecteur sur les tensions que rencontrent certaines branches en matière de recrutement. En 2019, selon la Dares et Pôle emploi, six métiers sur dix étaient en forte tension, alors que seuls un sur quatre l’étaient en 2015. Enorme écart alors que, dans le même temps, malgré une réduction de 15 % du chômage en 2021 provoquée par le retour des entreprises à un fonctionnement normal, Pôle emploi comptait toujours 5,9 millions de demandeurs d’emploi dans les trois catégories dont 2,8 millions de longue durée. Exemple emblématique : l’hôtellerie-restauration qui, sur la séquence 2020-2021, a vu ses effectifs fondre de 237 000 emplois (sur 1,3 millions de salariés avant la crise) et tire aujourd’hui la langue pour recruter les 200 000 travailleurs dont les établissements du secteur auraient grandement besoin.

Saisie par le Premier ministre pour imaginer des scénarios visant à renforcer l’attractivité des métiers en parallèle des négociations auxquelles l’État a enjoint une quarantaine de branches à s’engager, la commission travail et emploi du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu, le 12 janvier 2022, son projet de rapport (en pièce-jointe, ci-dessous) sur la question. Dans ce volume de 111 pages rédigé par Pierre-Olivier Ruchenstain, directeur général de la Fédération du particulier employeur (Fepem) et Sophie Thiéry, directrice de l’Engagement sociétal chez Aésio (CFDT), le CESE émet vingt préconisations pour améliorer l’attractivité des conditions de travail et d’emploi, de formation et de reconnaissance des compétences, pour mieux prendre en compte les enjeux territoriaux et pour anticiper les besoins en recrutement liés aux grandes transformations.

Pour y parvenir, les auteurs du rapport proposent de tirer sur plusieurs leviers à la fois. Primo : la revalorisation des rémunérations dans les métiers qui peinent à recruter, soit par des augmentations salariales directes quand cela est possible (en mettant en place des négociations de branches s’assurant qu’aucune rémunération de base de ces métiers en tension ne soit inférieure au Smic), soit par la négociation d’avantages désocialisés et défiscalisés pour les salariés (titres-restaurant, chèques logement, chèques garde d’enfants, chèque mobilité…). Secundo : favoriser la conciliation vie professionnelle-vie personnelle en développant les offres d’accueil des jeunes enfants et en réduisant les dépenses engagées par les parents (diminution des écarts de reste à charge, incitations fiscales). Tertio : agir sur les viviers de recrutement, en favorisant le recrutement des jeunes sur les filières en tension et des femmes dans les filières où les statistiques genrées sont déséquilibrées. Quarto : créer des groupements d’employeurs pour soutenir l’activité économique de certains secteurs et mieux planifier les besoins de recrutement pour les anticiper. Une dernière ambition qui passerait par une implication plus grande des acteurs territoriaux (OPCO, branches professionnelles, secteur de l’IAE, commissions paritaires régionales – interprofessionnelles, artisanales ou des professions libérales, lycées professionnels, CFA, orientation scolaire…) et une meilleure coordination de ces derniers avec le service public de l’emploi dans le cadre de politiques de GPEC territoriales qui seraient suivies d’une adaptation de l’offre de formation aux emplois de demain. Un focus particulier devrait être consacré, selon le CESE, à la transformation écologique des métiers. Quinto : accélérer la facilitation de l’accès au logement dans le secteur privé ou les trois fonctions publiques. La prochaine convention quinquennale que doit signer Action Logement avec l’État en 2022 pourrait constituer le début d’une politique d’amorçage ambitieuse…

 

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Auteur

  • Benjamin d'Alguerre