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En 2019, les tensions sur le marché de l’emploi ont atteint un record

ISRH | Emploi & mobilité | publié le : 09.10.2020 | Nathalie Tran

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Depuis 2015, les tensions sur le marché du travail n’ont cessé de croître, pour atteindre, en 2019, leur plus haut niveau depuis 2011, selon une étude de la Dares, rendue publique le 8 octobre. Sur la période, le nombre d’offres d’emploi est passé de 373 à 447 pour 1.000 salariés, alors que la main-d’œuvre disponible s’est repliée de 184 à 171 demandeurs d’emploi de catégorie A pour 1.000 salariés. Bien que les projets d’embauche aient été multipliés par deux et que le taux de chômage soit passé de 10,3 %, début 2015, à 8,1 % fin 2019, à la faveur de la création de 1,1 million d’emplois, la difficulté à recruter n’avait donc jamais été aussi forte dans certains secteurs, avant la crise de la Covid-19. Des problèmes de recrutement pouvant conduire à un allongement des délais d’embauche, ou se traduisent parfois par des vacances durables de postes.

Pour mesurer ce déséquilibre entre offres et demandes d’emploi, la Dares et Pôle emploi ont élaboré un indicateur synthétique qui permet, notamment, d’identifier les causes possibles des tensions, telles que les conditions de travail peu attractives, le manque de main-d’œuvre disponible, ou le décalage entre compétences souhaitées et celles des personnes en recherche d’emploi. Premiers secteurs en tension : le bâtiment, dont les volumes d’embauche sont conséquents, mais aussi l’industrie où le vivier de candidats est réduit, tout particulièrement sur les postes d’ouvriers et de techniciens qualifiés, comme les géomètres ou les techniciens en mécanique et travail des métaux. Dans le domaine des services, les situations varient d’un métier à l’autre. Et paradoxalement, ce ne sont pas les métiers qui emploient le plus de personnes qui sont le plus en tension. Par exemple, les postes de dessinateur en électricité et en électronique, profession peu répandue, sont les plus difficiles à pourvoir, alors que celui d’agent d’entretien de locaux, qui rassemble des effectifs nombreux, fait partie des métiers les moins tendus. Dans le tertiaire, la palme d’or des métiers en tension revient aux ingénieurs, aux cadres d’étude, recherche et développement en informatique, et aux chefs de projet informatique (2 points au-dessus de la moyenne en 2019).

La localisation joue également un rôle important. Alors qu’il n’est pas difficile de trouver des ouvriers qualifiés du secteur de la peinture et de la finition du bâtiment dans les départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur, le métier s’avère en tension au niveau national. A contrario, le métier d’agent d’entretien de locaux, qui est l’un des plus pourvoyeurs d’emplois, n’est pas en tension à l’échelon national, mais il l’est en Bretagne, par exemple. Avec la crise et le coup de frein sur les embauches et les suppressions d’emplois qui se profilent, il est néanmoins à prévoir, en 2020, une baisse notable de l’indicateur de tension, tous secteurs et métiers confondus.

 

 

Auteur

  • Nathalie Tran