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Israël : l'intégration des talents étrangers dans la tech passe mal

Recrutement | publié le : 27.10.2021 | Lys Zohin

Stylized map of Israel. Isometric 3D green map with cities, bord

Stav Brenner, qui dirige la Junior Community, une organisation représentant 6 000 jeunes programmeurs locaux, estime ainsi que l'initiative gouvernementale « va affecter les jeunes qui ont travaillé dur et ont du mal à trouver un premier emploi du fait de leur manque d'expérience ». Ron Ozeri, de l'agence de placement JobHunt, considère ainsi que « cette mesure est inutile, d'autant qu'il y a un large vivier de talents sur place, à part que certains sont discriminés. »

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Le plan gouvernemental israélien visant à recruter environ 5000 spécialistes de la tech, lancé récemment pour alimenter les entreprises du secteur, fait grincer des dents. Notamment les jeunes diplômés israéliens, qui déclarent avoir du mal à décrocher un premier emploi. Stav Brenner, qui dirige la Junior Community, une organisation représentant 6 000 jeunes programmeurs locaux, estime ainsi que l'initiative gouvernementale « va affecter les jeunes qui ont travaillé dur et ont du mal à trouver un premier emploi du fait de leur manque d'expérience. L'État devrait plutôt investir dans des formations visant à leur faire intégrer le marché du travail plutôt que d'importer des étrangers ». De même, les nouveaux immigrants dans le pays et ceux qui reviennent après une expérience à l'étranger s'estiment lésés par cette initiative. Enfin, d'aucuns soupçonnent que le but du programme est avant tout d'importer de la main-d'œuvre moins chère, ce qui pourrait en conséquence faire baisser les salaires israéliens. Ron Ozeri, de l'agence de placement JobHunt, considère ainsi que « cette mesure est inutile, d'autant qu'il y a un large vivier de talents sur place, à part que certains sont discriminés, comme les spécialistes âgés, les ultra-orthodoxes et les Arabes. Le temps moyen pour qu'un ingénieur arabe trouve un emploi dans une société de la tech israélienne est trois fois plus long que la moyenne générale, au point que certains changent même leur nom sur leur CV pour espérer un entretien ». Toujours est-il que selon l'Autorité israélienne d'innovation, il manque environ 14 000 candidats dans la tech. Cela dit, en parallèle, certains ne trouvent pas de poste. Avec la pandémie, 2% des demandeurs d'emploi étaient dans la tech, mais ce chiffre a grimpé à 8,2% en avril 2020. Sans doute a-t-il baissé quelque peu depuis la réouverture de l'économie. En outre, l'Autorité israélienne d'innovation souligne que la majorité des demandeurs d'emploi cherchent plutôt un poste dans des fonctions annexes, comme le marketing, et non dans la R&D, en pénurie.

Auteur

  • Lys Zohin