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« Les PSE s’enchaînent dans l'aéronautique » (FO Métallurgie)

Gestion de l'emploi | publié le : 29.10.2020 | Gilmar Sequeira Martins

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Edwin Liard, secrétaire fédéral de la fédération Force Ouvrière de la métallurgie (FO Métaux), fait un point sur les restructurations en cours dans le secteur de l’aéronautique.


Quelle est la situation en matière d'emploi dans le secteur aéronautique ?

La situation est catastrophique. L'accord majoritaire sur le PSE et l'instauration de l'APLD a permis de limiter les conséquences sociales chez Airbus, mais les PSE s'enchaînent dans la filière aéronautique, chez Lisi Aérospace, FIgeac, Latécoère, Mecachrome ou Daher. Chez Daher, le PSE initial prévoyait 1 261 suppressions d'emplois mais ce chiffre a été réduit durant les négociations pour s'établir à 582. Je ne suis pas convaincu que nous pourrons réussir ailleurs ce que nous avons fait chez Airbus ou Safran. Nous aurons une vision plus précise de la situation à la fin de l'année. Ces plans seront mis en œuvre durant le premier trimestre 2021. Avec la deuxième vague épidémique, même avec les prêts garantis par l'État (PGE), les entreprises auront des problèmes de trésorerie au second trimestre 2021. Je suis donc prudent et inquiet. Avec une reprise d'activité, les PSE seront-ils moins importants ? Airbus semble se préparer à une légère reprise au second trimestre 2021 mais l'activité des compagnies aériennes continue à décliner. Il y donc une grande incertitude.

Les entreprises ont-elles recours aux outils créés par le gouvernement pour faire face à la crise ?

Les entreprises semblent réticentes à recourir à l'APLD. Le gouvernement a pris des mesures, nous avons construit des outils avec l'UIMM, mais ils ne bénéficient qu'à très peu de personnes. Les délégués FO dans les entreprises se battent pour élargir le périmètre d'utilisation de l'ALPLD/ARME, comme ça était le cas chez Airbus et Daher. La négociation avance chez Latécoère mais cela reste difficile. Ce sont des outils qui vont permettre de se préparer à la reprise même en cas de crise longue car ils préservent les emplois et les  compétences. Mais beaucoup d'entreprises avancent l'argument que le mouvement actuel est structurel et qu'il faut s'adapter, c'est-à-dire réduire les effectifs. Or l'APLD est un des outils qui permet justement d'éviter les licenciements contraints. Nous ne sommes pas opposés aux départs volontaires ou aux départs à la retraite, mais nous voulons absolument éviter les licenciements contraints.

 

Quelle est la motivation des entreprises ?

Il semble qu'une logique financière de rentabilité soit à l'œuvre et peut-être aussi une préparation à une consolidation dans la supply chain des grands donneurs d'ordre comme Airbus ou Safran. Le plan de relance présenté par Bruno Le Maire prévoyait d'ailleurs un budget pour une consolidation dans le secteur. La réticence des entreprises du secteur à recourir aux dispositifs permettant de préserver l'emploi et les compétences pose donc question. Le gouvernement, les organisations syndicales et l'UIMM ont pris leur responsabilités. Les entreprises doivent aussi prendre la leur. Il faut aussi mettre un terme aux délocalisations enclenchées en pleine crise sanitaire. Latécoère a annoncé vouloir délocaliser en Bulgarie une partie de la production dédiée à l'Airbus A350 et la fabrication des portes de l’A320. L'opération est prévue dans l'année 2021 et ne permet donc pas de maintenir des emplois sur le territoire.

Propos recueillis par Gilmar Sequeira Martins

Auteur

  • Gilmar Sequeira Martins