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Le Cese préconise une décentralisation de la lutte contre le chômage longue durée

ISRH | Gestion de l'emploi | publié le : 23.06.2020 | Benjamin d'Alguerre

L'un des objectifs du projet d'avis est de réduire la part des demandeurs d'emploi de longue durée dans le taux chômage général.

Crédit photo Андрей Яланский/AdobeStock

Moins de pilotage national, plus d’initiatives locales pour mieux lutter contre le chômage de longue durée:  tel est le sens du projet d’avis que Luc Bérille, ancien secrétaire général de l’Unsa, et Jean-Michel Pottier, ex-vice-président de la commission des affaires sociales de la CPME, s’apprêtent à présenter, cet après-midi, au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Objectif de leurs 20 préconisations : réduire la part des demandeurs d’emploi de longue durée (en augmentation) dans celle du chômage général (plutôt en baisse). « En 2019 et début 2020, l’amélioration du marché de l’emploi liée au regain de l’activité économique, a commencé à se traduire par une baisse sensible du nombre de demandeurs d’emploi. Mais les sorties de chômage ou de l’activité réduite ont surtout bénéficié aux demandeurs d’emploi de moins d’un an. Ainsi, la part des demandeurs d’emploi de longue durée a encore augmenté en 2019. De 38 % du total […] en 2011, elle est passée à 45,6 % en 2014 et à 47,5 % 21 fin 2019 », soulignent les auteurs de l’avis. Selon les critères du Bureau international du travail (BIT), on compterait aujourd’hui près de 1,2 million chômeurs de longue durée en France. À en croire les rapporteurs, leur nombre serait bien plus important puisqu’une partie échapperait aux radars des organismes sociaux.

Comment sortir durablement de cette situation ? En misant sur la proximité, le plus souvent avec la Région comme cheffe de file de l’accompagnement des chômeurs. Si les auteurs du rapport ne préconisent pas une régionalisation de Pôle emploi, ils appellent cependant à des contractualisations plus fines entre tous les acteurs territoriaux au sein de grands « consortiums » pour assurer le suivi des demandeurs d’emploi, l’élaboration de politiques de formation et de gestions prévisionnelles des emplois et des compétences (GPEC) régionales afin d’identifier les besoins des entreprises du territoire – particulièrement les PME-TPE – et de construire en retour les offres d’insertion et de formation y correspondant. À cet effet, l’avis recommande de doter les conseils régionaux d’une véritable compétence en matière d’anticipation des mutations économiques et de pilotage des politiques d’insertion, en mobilisant particulièrement les réseaux EPIDe, les Écoles de la deuxième chance (E2C), le service militaire adapté (SMA) en outre-mer , l’expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée (à étendre) et les différentes structures de l’insertion par l’activité économique (IAE). Les branches, qui disposent d’observatoires professionnels, pourraient se voir dotées de compétences supplémentaires en matière de santé au travail, de reconversion professionnelle et d’emploi des seniors. Les plus de 57 ans pourraient au passage bénéficier d’un nouveau type de contrat de travail aidé afin de dissuader les entreprises de s’en séparer.

Les auteurs de l’avis font plusieurs recommandations. À ce titre, le contrat d’objectifs et de moyens de France Compétences pourrait se voir étendu à un suivi particulier des entreprises de 50 à 250 salariés ne disposant plus de l’accès aux fonds mutualisés de la formation, d’un devoir d’observation plus fin de l’utilisation des fonds de la formation et de leurs résultats sur l’emploi. Missions nouvelles qui exigeraient un soutien financier plus conséquent des pouvoirs publics. Autre recommandation : faire perdurer après 2022 le plan d’investissement dans les compétences (15 milliards d’euros sur le quinquennat pour former un million de jeunes et autant de chômeurs longue durée). 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre