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Les directeurs de CFA demandent une meilleure sécurisation des financements

ISRH | Organismes de formation | publié le : 20.05.2020 | Benjami d'Alguerre

Le gros des requêtes des directeurs de CFA porte sur l’amélioration de la relation entre établissements de formation et OPCO financeurs.

Crédit photo Right 3/AdobeStock

Alors que le ministère du Travail et les différents acteurs de l’apprentissage planchent sur le futur « plan de relance » promis par Muriel Pénicaud pour sauver une rentrée 2022 compromise par une crise sanitaire survenue en pleine période d’orientation, la fédération des directeurs de CFA (Fnadir) a dévoilé ses pistes de réflexion pour réenclencher la machine. Si le document transmis au cabinet de Muriel Pénicaud comprend un certain nombre de mesures d’ordre incitatif à la fois pour les entreprises et les apprentis (retour des aides à l’embauche d’apprentis avec exonération de cotisations pour les premières années, augmentation de leur rémunération durant leur cursus en décorrélant âge et niveau de qualification, facilitation d’acquisition de matériel informatique pour l’enseignement à distance…), le gros des requêtes des directeurs de CFA porte surtout sur l’amélioration de la relation entre établissements de formation et OPCO financeurs. Parmi ces demandes figurent notamment la nécessité pour les opérateurs de compétences de garantir l’intégralité des paiements convenus « au contrat », dès lors que celui-ci a été exécuté dans sa globalité, ainsi que le respect des délais de paiement. Autres demandes : la définition d’un coût-contrat unique, quelle que soit la branche en fonction du niveau de qualification visé, et l’augmentation des niveaux de prise en charge pour les contrats d’apprentissage menant à des métiers en tension afin d’y attirer les jeunes et les publics en reconversion professionnelle. Une requête qui vaut aussi pour l’apprentissage dans la fonction publique dont les coûts-contrats fixés par France Compétences sont encore jugés trop éclatés selon les diplômes visés.

La crise ayant contraint les CFA à se convertir massivement à l’apprentissage à distance, la Fnadir pousse aussi l’autorité de régulation financière de la formation (France Compétences) à mieux définir les critères d’exigence concernant la formation ouverte et à distance, ainsi qu’à garantir les financements à destination des apprentis engagés dans un cursus en alternance mais n’ayant pas encore d’entreprise d’accueil. Surtout, les dirigeants de CFA redoutent une crise durable qui se prolongerait jusqu’en 2021 et qui pourrait voir le nombre de contrats d’apprentissage (et les financements afférents) fortement réduits. D’où une demande de sécurisation financière des établissements au moins jusqu’à la fin de la crise. Ce qui pourrait notamment se voir facilité par une harmonisation des systèmes d’information des OPCO, de leurs formulaires (notamment pour les attestations de présence) et le retour de la « part libre » de la taxe d’apprentissage permettant aux entreprises de financer directement les établissements en fonction de leurs préférences.

Auteur

  • Benjami d'Alguerre