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Le Sycfi représentatif dans la branche des organismes de formation

Organismes de formation | publié le : 08.11.2021 | Benjamin d'Alguerre

formation

Les Acteurs de la compétence (ancienne Fédération de la formation professionnelle) et le Syndicat des organismes de formation de l’économie sociale et solidaire (Synofdes) vont devoir se pousser un peu pour faire de la place à un nouvel entrant dans le monde des employeurs de la branche des organismes de formation. Depuis le 25 octobre et pour la première fois de son histoire, le Syndicat des formateurs-consultants indépendants (Sycfi) qui représente les freelances et les TPE du monde de la formation vient d’arracher sa représentativité dans la branche, pesant près de 10 % des voix du collège employeur.

"En tant qu’employeurs, notre poids est très inférieur à celui des Acteurs de la compétence ou du Synofdes qui comptent quelques poids lourds comme Demos ou Cegos parmi leurs adhérents. Les nôtres sont souvent des indépendants au statut Sasu ou professionnels libéraux avec, parfois, quelques employés. C’est paradoxal car les formateurs indépendants représentent environ 75 % des professionnels de la formation là où les salariés permanents de l’ex-FFP ou du Synofdes sont plutôt des administratifs", note Martine Guérin, présidente du Sycfi. En matière de poids, il n’y a pas photo. Les adhérents des Acteurs de la compétence emploient près de 73,2 % des salariés de la branche, ceux du Synofdes (qui représente les organismes associatifs) 26,4 % et ceux du Sycfi… 0,42 %.

Mais l’accession de ces derniers à la représentativité pourrait rebattre les cartes de la relation entre donneurs d’ordres (les grands organismes) et sous-traitants (les consultants-formateurs indépendants). En 2016, plusieurs conflits juridiques avaient opposé formateurs indépendants et grands groupes (Cegos et Demos notamment) faisant appel à leurs services, les seconds étant accusés de faire des premiers les variables d’ajustement de leurs politiques tarifaires. Si la hache de guerre est aujourd’hui enterrée (l’ex-FFP et le Sycfi travaillent depuis quatre ans sur un guide des bonnes pratiques dont la parution est annoncée pour bientôt), quelques sources de friction subsistent, particulièrement en matière de propriété intellectuelle sur les contenus de formation. "Avec la digitalisation croissante de la formation, les donneurs d’ordres ont tendance à demander à leurs formateurs indépendants sous-traitants de produire des exercices pédagogiques ou de l’ingénierie de formation que ces derniers leur cèdent trop souvent parce qu’ils lisent mal leurs contrats", soupire Martine Guérin. Une situation que le syndicat entend clarifier maintenant qu’il siège à la cour des grands, ce qui pourrait dans les temps à venir lui ouvrir d’autres portes, à commencer par celles du conseil d’administration de l’Opco Akto (auquel adhèrent les organismes de formation) ou des conseils départementaux du dialogue social.

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre