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Les organismes de formation vont perdre 20 à 25% d'activité en 2020

Formation | publié le : 20.11.2020 | Benjamin d'Alguerre

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L'année 2020 sera peut-être moins catastrophique que prévu pour les professionnels de la formation. Si le premier confinement (mars-juin) avait laissé entr’apercevoir le pire (75% d’activité en moins pour les organismes de formation), la reprise et les aides de l’État ont permis à la profession de tenir bon. Et le deuxième confinement, débuté fin octobre, ne s’est pas traduit par une fermeture systématique des centres de formation dès lors que les règles de sécurité sanitaire peuvent y être respectées. « Au total, la perte d’activité devrait se stabiliser entre 20 et 25% en fin d’année, même s’il n’est pas impossible que ce chiffre grimpe un peu du fait du nouveau confinement », calcule Nadine Gagnier, secrétaire générale de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) et dirigeante du cabinet Man’Agir.

Contrairement aux pronostics initiaux, les effectifs de l’apprentissage se sont maintenus à la rentrée 2020 et la bonne santé des CFA contribue à tirer les chiffres du secteur de la formation vers le haut. Mais sur d'autres activités, la baisse est plus sensible : « Environ 35% sur le plan de développement des compétences et 30% sur les demandeurs d’emploi », estime la FFP. L’ouverture du FNE-Formation en mars dernier, afin de permettre aux salariés en chômage partiel de se former durant leur temps d’inactivité, n’aura séduit que marginalement. « Le FNE a décaissé 300 millions d’euros en six mois alors que le gouvernement prévoyait une dépense d’un demi-milliard », estime le patron d’un organisme de formation linguistique. Preuve de ce semi-échec : le FNE a été, dès juin, redéployé dans le cadre du Plan de relance avec un milliard d’euros en caisse.

Si la formation et les reconversions professionnelles ont été placées au cœur du plan de relance par Jean Castex et Elisabeth Borne, et qu’une concertation doit s’ouvrir en 2021 pour mettre en place un fonds spécifique en direction des entreprises de 50 à 300 salariés, le secteur redoute tout de même l’avenir. « La perspective d’une diminution des coûts-contrats de l’apprentissage pourrait créer de nouveaux remous », indique Nadine Gagnier. Cette réduction des prises en charge, envisagée pour soulager la trésorerie de France Compétences, plombée par un déficit prévisionnel de 2 milliards d'euros en 2021, pourrait atteindre entre 6 et 12% des coûts-contrats. Le sujet est encore en débat au ministère du Travail. 

 

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre