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Les OPCO font le bilan de leur année d'activité

Formation | publié le : 18.09.2020 | Benjamin d'Alguerre

Lecturer conducts a lecture, training.

Crédit photo Konstiantyn Zapylaie - stock.ado

Deux ans après la loi « Avenir professionnel » fondatrice, les OPCO tirent un premier bilan de leur activité. Imaginés par le rapport Marx-Bagorski d’août 2018, institués par la loi du 5 septembre 2018, agréés le 1er avril 2019, actifs sur la gestion de l’alternance depuis le 1er janvier 2020, les opérateurs de compétences nés des vingt Organismes paritaires collecteurs agrées (OPCA) qui les ont précédés n’ont pas chômé. « L’année blanche » de la formation redoutée n’a pas eu lieu et les OPCO ont même pu traverser la crise de la Covid-19 sans trop de heurts parvenant à récupérer la quasi-intégralité des contrats d’apprentissage (458.000) jusqu’alors dispatchés dans les réseaux consulaires presque en temps et en heure au début de l’été 2020, soulageant ainsi la trésorerie des CFA.

Fini l’époque des OPCA collecteurs-répartiteurs des fonds de la formation, les OPCO sont désormais des outils de la politique de développement de compétences des branches et les répartiteurs des enveloppes confiées par France Compétences dans le cadre de leurs nouvelles missions : assurer le financement de l’alternance et en assurer le développement, financer le plan de développement des compétences des TPE et PME de moins de cinquante salariés, conseiller et accompagner les entreprises dans leurs politiques de formation, apporter un appui technique aux branches dans leurs politiques de GPEC et faciliter l’insertion ou la réinsertion des individus éloignés de l’emploi.

Malgré des débuts parfois un peu cahotiques et des situations pas toujours réglées (Constructys attend encore son ou sa directeur/trice général/e en titre après la démission de Claire Khecha en janvier dernier ; à l’OPCO EP, les querelles de chapelles entre CPME et U2P ne sont pas tout à fait enterrées…), les OPCO, leurs 600 administrateurs patronaux et syndicaux et leurs 5.626 salariés ont tenu bon. Forts d’un budget global de 9,8 milliards d’euros à eux tous, les opérateurs de compétences ont pu financer, depuis leur mise en service, les actions de formation de près de 4,35 millions de salariés (dont 40,3 % dans les PME de moins de 50 salariés), de 50.245 demandeurs d’emploi auxquels s’ajoutent 211.029 contrats de professionnalisation, 458.000 contrats d’apprentissage (dont 11.570 nouveaux contrats depuis le 1er janvier 2020), 5.738 actions de diagnostics, d’accompagnement et de GPEC et 483 parcours d’actions de formation en situation de travail (Afest). Au total « 94 % du budget ont été consacrés aux dépenses d’information, de formation et d’accompagnement des entreprises, de leurs salariés, des alternants et des demandeurs d’emploi », expliquent les OPCO dans leur document commun. Les frais de gestion des OPCO, eux, ont été fixés en moyenne à 5,8 %.

La crise sanitaire a également révélé la capacité d’adaptation des OPCO. Durant le confinement, ceux-ci ont été missionnés par le ministère du Travail pour gérer l’interface entre les entreprises candidates aux fonds du FNE-Formation pour former leurs salariés pendant le confinement et les ressources du Fonds. Au 17 juin, la mobilisation des OPCO sur cette mission impromptue s’est traduite par 70.245 salariés formés et 12.019 entreprises accompagnées pour un total d’engagement de 52 millions d’euros.

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre