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Les Écoles de la deuxième chance ont traversé 2020 sans trop de mal

Formation | publié le : 30.03.2021 | Benjamin d'Alguerre

En 2020, les 135 établissements du réseau des Écoles de la deuxième chance (E2C) ont traversé la crise sanitaire sans trop de dégâts. Avec une baisse des effectifs de 9 % en 2020 (14.188 stagiaires accueillis contre environ 15.570 l’année précédente), les E2C sont parvenues à limiter la casse malgré deux mois de fermeture administrative lors du premier confinement et un rythme d’intégration des nouvelles recrues contraint par le renforcement du protocole sanitaire à partir de la fin de l’année. Au total, « seuls » 1.400 jeunes ont été perdus en route. Auxquels il faut cependant ajouter ceux qui ne sont jamais rentrés. « En temps normal, les Écoles de la deuxième chance accueillent près de 1.000 nouveaux entrants chaque mois. Avec la fermeture administrative et les départs durant la période pandémique, ce sont presque 3.500 jeunes que nous avons perdus », regrette Alexandre Schajer, le président du réseau.

À comparer avec certains organismes de formation et CFA pendant la période, la situation aurait pu être bien pire. Les dispositifs de suivi individualisé des stagiaires – par l’intermédiaire des formateurs-référents – et la digitalisation des contenus pédagogiques ont joué à plein. Au total, 91 % de l’activité des E2C a pu se poursuivre, quitte à garder les jeunes en insertion un peu plus longtemps dans le circuit des E2C (sept mois contre six en moyenne). Dans ces conditions, 2020 s’est achevée sur un taux de sortie positive des jeunes (soit en emploi, soit en formation) de 60 %, à peine moins élevé que l’année précédente (63 %). Avec, cette année, une légère remontée des sorties vers l’alternance et notamment vers l’apprentissage (+ 49 %) due aux aides à l’embauche d’apprentis déployées à partir de l’été 2020. Quant aux 40 % de sorties sur un échec, elles restent mesurées : la moitié de ces jeunes ont été rattrapés en chemin par une autre structure d’accompagnement à l'instar des missions locales.

Alors que certains redoutaient une bombe à retardement à partir de septembre 2020 du fait de l’obligation faite aux établissements du réseau d’accueillir davantage de 16-18 ans dans leurs effectifs, la catastrophe n’a pas eu lieu. Contrairement à ce qui s’était passé en début d’année dans les centres Afpa, « aucun incident n’a été à déplorer », relève Cyrille Cohas-Bogey, directeur général des E2C. Le résultat d’une anticipation pédagogique de l’opération, mais aussi d’une certaine souplesse laissée aux établissements dans la nature de l’accompagnement de ces jeunes. « Certaines écoles ont choisi de les intégrer aux groupes composés de majeurs, mais jamais dans une proportion supérieure à 25 % » explique Alexandre Shajer. Si le taux de sortie de ces mineurs s’avère pour ce premier exercice un peu moins élevé que la moyenne (entre 50 et 55 %), ces jeunes contribuent à gonfler le pourcentage des sorties positives vers l’apprentissage (25 % contre 15 %).

Auteur

  • Benjamin d'Alguerre